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Petit Grégory au Japon

Mon travail

 

Lorsque j’avais reçu ma réponse positive concernant l’offre de stage il y a environ un an, on m’avait décrit le projet sur lequel je travaillerais comme étant : "Development of the Actuator using Pyrolyzed Polymers". C’était donc prometteur, comme vous en conviendrez (ou pas…). Cependant, à peine arrivé, j’ai pu remarquer que personne ne savait ce que signifient ces mots et qu’aucun projet n’est réellement préparé pour moi.

La première phase a été d’expliquer ce que j’ai appris à l’école (ils ne savaient même pas que j’étais diplômé…). La deuxième phase a été pour moi d’attendre que l’on me donne un travail à faire, alors que cette phase consistait pour eux à attendre que je leur propose moi-même une idée de projet. Comme on attendait tous, rien ne s’est passé durant plusieurs semaines…

Finalement, ils m’ont mis sur la voie du développement d’un capteur tactile, utilisable par exemple sur un robot humanoïde. Le but d’un tel système est de permettre au robot de comprendre lorsqu’on le touche, caresse ou tape violemment, ce qu’il lui permettrait ensuite de réagir en fonction. La méthode de travail est différente de ce que j’avais connu jusqu’ici, puisque je dois commencer à zéro et me débrouiller pour inventer quelque chose « d’original » (sic !).

Le sujet est donc quelque chose de bien japonais. En effet, les entreprises européennes n’investissent plus ou moins rien (pas que je sache en tous cas) dans les projets de robots humanoïdes ou androïdes. C’est tout le contraire ici, puisque toutes les grandes entreprises japonaises créent leur propre robot, qu’ils améliorent au fil des ans. Hitachi a donc également son propre robot, dont j’ai mis la photo ci-dessous.

Le but de ces androïdes sont à long terme d’aider les êtres humains dans les tâches ménagères, s’occuper des enfants ou personnes âgées ou encore travailler à la place (ou avec) des humains dans les usines. Bon, pour le moment, ils ne vendent pas des masses de robots, puisque c’est principalement un investissement pour le long terme. Et surtout, ils poussent la concurrence à l’extrême avec les autres entreprises et la Corée du Sud, ennemi de toujours (le gouvernement de Corée du Sud a lancé un programme de plusieurs milliards avec comme but avoué d’avoir un androïde dans tous les ménages d’ici 2020 !). La réflexion est large, puisqu’il y a déjà des débats sur des projets de lois traitant de la place du robot dans la société (par exemple, peut-il y avoir des mariages humain-robot ?). Bref, des choses que l’on ne connaît pas du tout « chez nous ».

Durant les cours à l’EPFL, la seule fois où on a parlé de ce genre de robot, c’est lorsqu’un professeur de robotique a déclaré cinglement à propos du chien SONY (robot ressemblant à un chien) : « Si on peut faire de telles imbécilités, c’est le signe de la décadence de l’humanité » (qui a reconnu ce prof ?? pas difficile !). Pour nous autre européens, un robot aura l’apparence qui sera utile pour sa fonction, alors que les Japonais veulent faire un robot qui ressemble à un être humain, avec les mêmes défauts.

On a souvent des professeurs qui viennent faire une présentation à l’entreprise, parfois de très loin (Massachussetts, Berlin). La semaine passée est venue une star du développement d’androïdes au Japon, le Professeur Ishiguro. J’avais déjà lu des articles sur ses travaux sur le Net et à la base, il me faisait plutôt peur. Il a créé des robots, qui ressemblent vraiment à des humains, dont un qui a été fait à son image. Il lui a même implanté ses propres cheveux… Il nous a expliqué entre autres comme quoi les craintes que l’on a envers ses androïdes sont normales et disparaîtront au fil des ans, lorsque les robots seront mieux fait. Bon, comme je ne comprenais plus ou moins rien à sa présentation, j’ai passé l’heure et demie à réfléchir à cette question essentielle : Est-ce que le Professeur serait en train de se la couler douce à Hawaii, alors que son androïde nous fait cette présentation ?

 

 

 

 

 

Pour plus de frissons, regardez les vidéos du double du professeur Ishiguro.

http://video.google.com/videosearch?hl=fr&client=firefox-a&rls=org.mozilla:fr:official&hs=9TG&q=ishiguro%20android&lr=&um=1&ie=UTF-8&sa=N&tab=wv#

 

 


tremblement de terre (suite)

J'ai parlé avec un collègue du tremblement de terre de vendredi. Il m'a dit qu'il était de magnitude 5, ce qui est assez rare selon lui. C'est donc bien le plus puissant que j'ai senti depuis mon arrivée. Après une courte recherche sur le Net, j'ai trouvé que l'énergie développée lors d'un tremblement de magnitude 5 est équivalent à "la bombe atomique de Nagasaki"...mmm.... OK!

Cependant, il faut quand même noter que ça reste 1'000 fois plus faible que le tremblement de terre qui a secoué la Chine cette année. Donc, pas de souci n'est-ce pas?!


Les tremblements de terre

Comme Kanazawa se trouve au bord de la mer japonaise (proche de la Corée), mes trois premiers mois ont été très calmes au niveau des tremblements de terre. En effet, c’est une zone où il n’y a pas beaucoup plus de tremblement qu’en Suisse. Cependant, maintenant que je me trouve sur l’autre côte japonaise, ce phénomène est beaucoup plus fréquent. Ca fait bientôt deux mois que je vis à Hitachi et j’ai pu expérimenter pas moins de 6 tremblements de terre durant cette courte période. Autant dire que les gens ici ont appris à vivre avec cela…

Sur les 6 tremblements, il y en a 2 que je n’ai pas ressentis, mais dont on m’a parlé après coup. Un des deux devait être assez puissant, puisque des gens de Kanazawa m’ont écrit pour savoir si j’allais bien. Comme je ne savais même pas qu’il y avait eu un tremblement, j’ai pu les rassurer (quoiqu’ils aient dû se poser des questions sur ma santé mentale, puisque je n’avais pas senti un tremblement de terre suffisamment fort pour qu’il soit dans les journaux).

J’en ai senti deux autres, alors que j’étais au lit. Ca m’a réveillé et c’est une sensation assez bizarre de se faire réveiller par son lit qui bouge et tremble. Ca a duré une trentaine de secondes, juste le temps pour moi de réaliser que c’était un tremblement de terre et non pas la fonction « massage » de mon lit qui s’est enclenchée par hasard (j’ai de toutes manières pas cette fonction sur mon lit, mais bon, on n’est pas très lucide qu’on se fait réveiller au milieu de la nuit).

Un nouveau tremblement a eu lieu au travail la semaine passée. J’ai senti la terre bougée sous mes pieds et tout d’abord je me suis demandé comment la femme qui passait à côté de mon bureau pouvait faire des pas assez lourds pour faire trembler le sol, alors qu’elle avait l’air très légère. On s’est un peu regardé entre collègues, mais personne n’a arrêté de travailler pour autant. Comme je l’ai écrit plus haut, ils ont appris à vivre avec ces tremblements dans leur quotidien. Moi non plus, je n’ai pas paniqué. Je n’ai donc pas plongé sous mon bureau ou agrippé mon casque (on a tous reçu un casque, quoiqu’au septième étage, je ne suis pas sûr qu’il me sauvera la vie si l’immeuble s’écroule…). C’est plus rigolo et étrange que vraiment effrayant. La terre bouge un peu et c’est tout.

Cependant, vendredi, alors que j’étais tranquillement chez moi, un nouveau tremblement a eu lieu. J’ai donc comme à chaque fois souri en me disant « trop cooool » ! Mais au moment où normalement la secousse s’arrêtait, elle a cette fois subitement redoublé d’intensité. Mon sourire a disparu et pour une fois, j’ai eu un brin les chocottes. Je me suis levé d’un seul coup pour aller vers le balcon (pourquoi le balcon, je ne sais pas…). Bon, ça s’est rapidement arrêté. 2-3 feuilles sont tombées de mon bureau, une porte du corridor a claqué et l’écran de mon ordinateur portable a un peu vibré dans tous les sens, mais sinon rien de bien grave. Je ne sais pas quelle était sa puissance, je ne sais pas où trouvé de telles informations, mais je pense que c’était le plus fort que j’ai vécu ici.

En conclusion, il faut tout de même que je souligne qu’il n’y a aucun souci à se faire. Les gens ont appris à vivre avec ces secousses et il n’y a pas de raison d’avoir peur. Il y a rarement des victimes et les bâtiments sont construits pour tenir des secousses puissantes. Donc pas de souci, c’est certainement moins meurtrier que les avalanches en Suisse…


Le dortoir

Apres un bon mois dans mon nouvel environnement, je trouve enfin le temps de decrire mon doux dortoir. Vu que les dortoirs d'étudiants ou d'entreprises n'existent pas en Suisse, vous devez certainement vous demander à quoi ressemble un dortoir japonais. Non, ça ne ressemble pas une cabane de montagne, non, on ne dort pas tous dans la même salle. J'ai une chambre pour moi tout seul. Bon, faut dire qu'elle est tellement petite que l'on pourrait difficilement en caser deux comme moi dedans. Elle est constituée d'un lit et d'un tout petit bureau, ainsi que de quelques armoires. Pas de télévision, ni de frigo et encore moins d'eau courante ou de piscine.

 

 Comme vous le voyez, le bordel qui caracterisait ma chambre en Suisse m'a poursuivi ici...

Mais où te douches-tu me demanderez vous!! Eh bien, je me douche dans la rivière, située à l'arrière du bâtiment. Ca peut paraître bizarre, mais on s'y fait. Il y a une caisse de savon, où on peut se servir et se laver dans le plus simple appareil dans la rivière. Le même tronçon de rivière doit être partagé avec les 3 autres maisons proches du dortoir. C'est sympa, on peut converser de tout et de rien tout en se lavant et ainsi connaître nos voisins.

Ce qui est dommage, c'est que je ne saurai jamais ceux qui ont cru les quelques lignes qui précèdent... Et je suis sûr qu'il y en a!! Oseront-ils se dénoncer??

Non, en réalité, on a une salle de bain en commun, où on a accès à des lavabos et des toilettes. Les toilettes sont "turcs" pour deux d'entre elles, alors que deux autres sont normales (OUF!!). 

Ensuite, les douches, sont de styles japonaises. Pour ceux qui suivent mal le blog, ce sont des douches où l'on s'assied et on s'admire dans un miroir tout en se lavant. Finalement, c'est assez confortable et je m'y suis bien fait. Quoique étant assis, il y a un endroit que j'ai de la peine à laver... Je ne vous en dis pas plus...  Sinon, à côté des douches, il y a même un grand bain où l'eau vous brûle au premier degré et où l'on est censé se retrouver en groupe et refaire le monde. Mais bon... j'y ai fait un ou deux sauts, mais on parle rarement dans les douches. Petite précision concernant les bains japonais: Il faut être absolument propre quand on y entre (donc après la douche) et on se rince encore en sortant. C'est pour garder l'eau propre (même le savon y est interdit). Ce n'est donc pas un bain où on peut se moucher dedans, se savonner allégrement le dos ou amener des petits canards en plastique...

 Bien entendu, lorsque j'entre dans mon dortoir, je dois veiller à retirer mes souliers et mettre des "schlarks" (flip-flap). On ne marche pas en souliers à l'intérieur des maisons japonaises. Bon, moi, je vogue pieds nus ou en chaussettes, vu que je n'ai pas trouvé de pantoufles à ma taille dans ce pays. Et comme le sol est très propre, pas de problème. Et j'ai aucun risque de paraître plus bizarre que ce que je suis déjà dans ce monde uniforme...

En entrant, je dois en plus annoncer ma présence en pressant sur la petite lumière que j'ai présenté dans un article précédent. De plus, avant d'entrer dans ma chambre au 3ème étage, je dois presser sur un bouton à l'entrée, qui me permet d'avoir de l'électricité dans ma chambre et qui allume une petite lampe, annonçant à celui qui est interessé que je suis bien dans ma chambre (voir photos, la petite lampe en haut et le bouton en bas). 

 


 

Niveau repas, je mange dans la cantine du dortoir au déjeuner et au souper, pour la modique somme de 6CHF (pour les deux repas). C'est pas trop mauvais et il y a bien assez. Ca consiste en général de riz et de soupe, ainsi que d'une assiette de poisson, légumes ou autres au déjeuner et de 3-4 petits plats au souper. Je commence gentiment à trouver les portions de riz répétitives, puisque j'en mange 3 fois par jour. Et la soupe aussi...

 

Avant de venir, je m'imaginais le pire au niveau des dortoirs. Finalement, je suis content, car c'est propre et je me suis rapidement installé. C'est clair que c'est pas un palace, mais ça me suffit largement. En plus, mon patron m'a prêté une télévision pour ces 9 mois, pour améliorer mon quotidien. C'est sympa et j'imagine que je la regarderai quand je comprendrai ce qu'ils disent.... (ce qui est loin d'être le cas maintenant). plus de photos se trouvent dans le dossier "Le dortoir", dans "Sejour à Hitachi".