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Petit Grégory au Japon

Meteo

 

Comme je l’avais déjà souligné auparavant, le climat est ainsi en général plus tempéré qu’en Suisse. L’été est chaud et en hiver, on ne voit pas de neige dans la région de Tokyo. J’étais assez heureux de passer pour une fois tout un hiver sans tomber malade. Il y a 3 semaines, je suis sorti par une belle matinée et j’ai pu observer un ciel bleu et une température très bonne. J’ai balancé ma veste, je suis sorti en T-shirt et je pensais que d’ici 1-2 semaines je pourrais peut-être retourner à la plage.

Bref, je me suis fait avoir ! En réalité, depuis cette belle journée, il pleut sans arrêt, il fait froid et même, aujourd’hui, il NEIGE ! Bon, c’est de la neige très lourde et qui ne convainc pas beaucoup un fier Suisse comme moi, mais quand même. Il a fallu mars pour que l’hiver se déclenche dans toute sa froideur. Donc, j’ai oublié mes rêves de plage, j’ai ressorti ma veste d’hiver de là où je l’avais flanquée et je fais comme je peux pour survivre dans ce froid. Bon, je me console en me disant qu’en Suisse, même en rêve ça nous est interdit les plages… Et j'ai pu en profiter pour exercer mes talents de patineurs...

 


 

Pour agrémenter cet article de photos, voilà des photos de bon petits plats bien d’ici que j’ai mangé dernièrement (ouai, je sais, cela n’a rien à voir avec ce que j’ai raconté, mais bon, voilà…).

 


L’avancement en entreprise

 

Comme j’ai déjà pu le décrire vaguement précédemment, la culture du travail au Japon est très différente de celle que nous connaissons. J’ai déjà parlé des heures supplémentaires, de la sieste très longue de certains collègues, des séances de sécurité mensuelles, mais je n’avais pas encore vraiment parlé de l’avancement dans la hiérarchie. Bien entendu, tout ce qui suit concerne mon entreprise Hitachi, qui est jugée un peu vieillotte dans ses méthodes, par rapport au reste du Japon je crois.

Très étrangement, chez Hitachi, que vous ayez fait un doctorat ou un simple diplôme, vous avez le même statut lors de votre entrée en entreprise. En bref, même si vous avez un superbe background académique, vous serez mis à l’essai durant 2 ans. C’est-à-dire que durant 2 ans, vous n’avez aucune chance de promotion et vous vous occupez de vos petits projets, souvent seul (le travail en équipe n’existe de toutes manières pratiquement pas ici).

A la fin des 2 ans, c’est le grand jour J. Vous devez présenter vos 2 ans de travail en 15 minutes à tout plein de supérieurs hiérarchiques et, comme à un examen à l’université, vous êtes jugé, évalué. C’est parait-il le jour le plus important de votre carrière. En effet, c’est ce jour-là que sera décidé si vos patrons garderont une image positive ou non de vous, si vous pourrez ou non grader et monter les lentes marches hiérarchiques de l’entreprise.

Un de mes collègues doit faire cette présentation cette semaine, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il stresse totalement. Tous les collègues passent à sa place de travail pour l’aider et le conseiller. Il à l’air terrifié et totalement insomniaque (je compatis un peu, mais il me fait quand même bien rire). Le pire de tout, il me semble, c’est que ça fait une semaine qu’il prépare sa présentation Power Point. Ce n’est donc pas le contenu qu’il améliore, en faisant une nouvelle expérience en labo ou en avançant dans son travail, mais c’est purement la forme, les couleurs et le texte de sa présentation. Il a des simulations de présentation tous les jours avec des collègues plus expérimentés qui le conseillent et ainsi de suite.

J’ai déjà stressé pour mes examens ou projets à l’EPFL, mais je crois ne jamais avoir autant cherché la perfection. Comme un collègue m’a dit, “Un mot un peu bizarre dans la présentation et ta carrière peut être perdue”. Je trouve ça vraiment bête de juger quelqu’un sur 15 minutes et de mettre tant de pression sur finalement si peu de choses. Bon, bien entendu, ses patrons vont aussi apporter leur évaluation sur son travail au quotidien et ca m’étonnerait vraiment que les auditeurs soient si sévères. De toutes manières, comme l’avancement dans la hiérarchie est totalement exclu avant au minimum 35 ans, il devrait relativiser je trouve (et encore, c’est normalement plus tard)… La seule question est: Pourquoi a-t-il fait un doctorat si c’est pour passer à travers tous ces obstacles?? Faudra que je lui demande un de ces jours…

PS: Je ne donne plus énormément de nouvelles, car je suis très occupé à chercher du travail. En effet, pour ceux qui ne le savant pas encore, je compte rester au Japon, même après la fin de mon stage (début avril). Dans une période très difficile (Hitachi a annonce 7000 licenciements la semaine passée), je tente donc de trouver l’impossible (un emploi pour un type ne sachant pas vraiment la langue parlée dans l’entreprise). Si vous avez des idées quelconques, hésitez pas à me les envoyer! (non, non, c’est exclu que je me prostitue, même pas la peine de me le proposer!!)


Le monde à l'envers!

 Comme tous les jours, je suis rentré aujourd’hui dès que la sonnerie annonçant la fin de la journée a raisonné dans le bâtiment Hitachi. Cependant, contrairement à « tous les jours », je n’étais pas seul à manger dans mon dortoir, sur les coups de 18h. En principe, j’ai le dortoir pour moi tout seul jusqu’aux environs de 22h, mais aujourd’hui, ô miracle, on était 5 pour le repas du soir. J’ai brisé le silence pour demander à un collègue/camarade de dortoir la raison de ce bouleversement des habitudes.

Et bien voilà l’explication qu’il m’a donnée : Comme tous les employés travaillent trop et font plus de 4 heures d’heures supplémentaires par jour (oui, j’en ai déjà parlé, mais je répète : cela sans compensation salariale ou autres… gratuitement !), l’entreprise a instauré une règle. Cette règle est que tous les mois, il y a un jour où tout le monde doit rentrer tôt, c’est-à-dire sans faire d’heure supplémentaire. Ceci afin que les employés ne travaillent pas trop, durant une journée en tous cas. Quelle gentille entreprise, quel geste social mes aïeuls ! Si vous vous demander pourquoi il m'a fallu 5 mois pour remarquer cela (alors que cette journée spéciale existe chaque mois), et bien, c'est parce que l'on a jamais eu besoin de m'en informer ou de venir me chercher à mon bureau, puisque lorsqu'il s'agit de s'en aller du travail, je suis ponctuel comme une horloge suisse.

Bref, en résumé, l’entreprise doit instaurer des règles pour éviter que les gens travaillent trop, un peu près tout le contraire de chez nous. Cela dit, je vous rassure : personne ne pleurait, de rage et de tristesse d’avoir dû quitter l’entreprise plus vite. Cependant, j’imagine que lorsque l’on rentre tous les jours à 22h-24h, que notre vie sociale est donc nulle, on doit ne pas savoir quoi faire de ce temps libre qui nous tombe dessus tous les mois. Je me demande si certains n’ont pas pris du travail en cachette, pour bosser dans leur chambre…


Journée sportive chez Hitachi (Part 1)

Comme annoncé, voici le compte-rendu de ma journée sportif de ce dernier samedi. Malheureusement, comme j’ai bien pris mon appareil photo, mais oublié ma batterie, je n’ai rien pu prendre en photos. Cependant, comme les caméras étaient nombreuses, je vais certainement en trouver et je les mettrai en ligne plus tard. Mais d’abord, voilà le compte-rendu de cette journée inoubliable.

Premièrement, je vais résumer l’importance de cet événement et de sa préparation. Durant deux semaines, l’entreprise était en effervescence, préparant ces joutes avec une motivation totalement inimaginable en Suisse. L’entreprise était divisée en 3 équipes : les rouges, les bleus et les jaunes. Ensuite, ces 3 équipes se sont mesurées sur différents jeux, le vainqueur final étant l’équipe ayant engrangé le plus de points durant la journée. Comme on était une bonne centaine par équipe, on s’est tout d’abord partagé les différentes compétitions. J’ai finalement fait partie de l’équipe de tir à la corde (2 équipes tirent sur une corde et essaye de tirer l’autre équipe), mais également d’un mini-basket (30 personnes lancent des balles de tennis dans un panier à 3 mètres de haut durant 30 secondes, l’équipe qui a le plus de balles dans le panier à la fin a gagné). Bref, ce n’est pas vraiment du sport, mais plutôt des jeux. Durant deux semaines, chaque équipe, divisée en groupe s’est organisé des séances d’entraînement durant notre courte pause de 12h et après le travail. Malgré que les jeux ne soient pas très compliqués, il y avait même des séances de stratégie… et pour organiser tout cela, j’ai reçu pas moins de 50 mails durant les 2 semaines ! Sachant qu’il me faut 10 minutes pour en lire un (court), je vous laisse compter ce que ça m’a pris sur mon précieux temps de travail (hum… enfin, sur mon temps AU travail).

Mais en plus de tous ces entraînements, je me suis retrouvé d’une manière dont je n’ai toujours pas compris, enrôlé dans l’équipe d’encouragement des Jaunes. Et là, c’était entraînements, répétitions tous les soirs après le boulot. Une petit chorégraphie très japonaise et de longues discussions sur par exemple comment présenter la paume des mains lorsque l’on lève les bras… C’est très japonais, car on peut pas se contenter de lancer un bon « hopp les Jaunes » de temps en temps, mais il faut carrément faire une chorégraphie, où tout le monde effectue exactement les mêmes mouvements, en criant super fort. C’est ce qui m’a le plus impressionné. Tous les Japonais ont un naturel assez réservé et timide. Mais là, ils hurlaient leurs trucs sans aucune retenue, en donnant vraiment tout, avec tout le corps qui tremblait tellement ils poussaient leurs limites. Bref, quand c’était mon tour, je me sentais pas très bien… Même les femmes criaient plus fort que moi. Par contre, après un certain temps, on arrive également à se lâcher, car on remarque que comme personne ne se moque ou sent le ridicule de la scène (que je sentais très fort moi), on voit qu’il n’y a pas de honte à avoir à mettre des habits ridicules et hurler des trucs comme « Allons gagner les jaunes » avec une intensité digne d’un général envoyant ces troupes à la guerre. En tout cas tant qu’on est sur cette île (j’exclus d’ores et déjà de vous faire une démonstration lors d’un retour en Suisse !).

Pour les habits, on avait un t-shirt jaune, un « bandeau japonais » jaune, alors que les femmes avaient des mini-jupes (je vous laisse deviner la couleur). Cependant, j’ai remarqué plus tard qu’on était vraiment nul à comparer des autres groupes, car ils avaient loués des costumes traditionnels vraiment jolis. Et leurs femmes à eux étaient habillées à l’américaine, mini-jupe et top comme il faut. Vraiment pas mal du tout si vous voulez mon avis (si vous le voulez pas, c’est le même prix).

Bref, la préparation fut intense, mais je vous rassure, également assez bon enfant, avec 1-2 sorties dans les izakayas pour boire et manger  jusqu’à plus soif. Le soir avant la grande journée, on a eu une dernière mise en commun dans l’entreprise, chaque équipe de son côté. Mais les groupes d’encouragement se sont défiés l’une l’autre (à celui qui hurle le plus fort, qui a la plus belle chorégraphie et effectue les plus beaux gestes), offrant à chaque fois un verre de saké au chef de l’équipe, qui est bien entendu un chef de l’entreprise (le mien est celui que j’avais maltraité à mon match de volet ma première semaine… si vous vous en rappeler), ainsi qu’au tout grand chef de la boîte qui fait un discours pour chaque équipe. Je pense qu’il est venu en dernier voir les Jaunes, car il avait l’air déjà passablement saoul lorsqu’il a fait son discours pour nous. Bon, ça c’est mon avis d’Européen, car mes collègues étaient pleins d’admiration pour leur patron qu’ils aiment profondément. J’ai bien entendu eu droit à des applaudissements et à des mentions spéciales aux présentations des jeux auxquels je participe. La grande star. Même les patrons m’applaudissaient et m’hurlaient des hourras.

Bon, je vais écrire le récit de la journée elle-même une autre fois, car je remarque que ça me prendrait encore 2 pages… Peut-être que j’aurai trouvé les photos d’ici là. A suivre donc…