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Petit Grégory au Japon

Le lever du Roi Soleil

 Ce week-end, j’ai eu une expérience que je n’oublierai certainement pas de si tôt. Depuis assez longtemps, j’avais prévu de faire l’ascension du Mont-Fuji. Comme c’est une ascension qui semblait assez aisée par rapport à nos montagnes suisses, j’y suis allé sans trop de préparation, ni matérielle (en jeans et imperméable), ni physique (plus fait de sport depuis… pfouuuu… belle lurette !). Comme c’était le dernier week-end où il était ouvert au grand publique, c’était ma dernière chance de découvrir le plus haut sommet du Japon (plus de 3’700m d’altitude).

De plus, je vais vous étonner en vous disant que j’ai commencé l’ascension à 20h30. En effet, j’avais lu quelque part que la plus belle ascension du Fuji est de la faire de nuit, pour observer le lever du soleil. Observer le lever du soleil au meilleur point d’observation du Pays du Soleil Levant est un bon plan je trouve. Malheureusement, comme il pleuvait tous les jours depuis deux semaines, j’étais assez pessimiste sur mes chances d’observer quoique ce soit depuis le sommet. Un collègue y était allé deux semaines auparavant et non seulement il avait fait toute l’ascension sous la pluie, mais un randonneur est mort foudroyé. Pas très encourageant, surtout qu’il n’a rien pu voir au sommet, à part un épais brouillard. Frédéric y est aussi allé la semaine passée et il n’a rien vu du tout non plus. Comme il pleuvait encore assez régulièrement, j’y suis allé en m’attendant à passer une bonne douzaine d’heures sous la pluie pour rien voir de spécialement beau. Mais j’avais oublié que j’étais né sous une très bonne étoile. Le temps a été parfait, puisqu’il y a plus en tout et pour tout durant peut-être 15 minutes. Et encore, c’était une pluie fine de rien du tout (désolé Fred… mouhahaha !).

Comme j’ai commencé l’ascension vers 20h30 depuis une base à 2'300 mètres et que l’altitude devait prendre environ 6h, j’avais prévu d’aller assez lentement pour éviter de devoir attendre le soleil au sommet (lever du soleil prévu vers les 4-5 heure du matin). Au début, je trainais les pieds, profitant du paysage. Tu parles ! Tu peux rien voir puisqu’il fait nuit noir. Donc je trainais les pieds en vidant assez régulièrement mon sac de son maigre pique-nique. Mais bientôt, je n’avais plus besoin de trainer les pieds, puisqu’on les trainait à ma place. En effet, j’avais entendu que l’ascension du Fuji est très apprécié des touristes et des Japonais (300'000 personnes par année), mais je ne m’attendais pas à devoir faire la queue durant 4 bonnes heures. Le gros de la montée se fait à ce rythme : 3 pas en avant, attente durant 3-4 secondes, 4 pas en avant, attente durant 3 secondes, etc… De plus, il y a des stations où on peut acheter à manger, à boire, dormir un moment ou acheter des bombonnes d’oxygène ( !!!!) toutes les 15 minutes.

 


Finalement, malgré mon trainage de pieds, je suis arrivé vers 2h30 au sommet. J’ai attendu durant 2 heures au sommet, dans le froid et la fatigue (nuit blanche quand même) que Monsieur Soleil fasse son entrée. Il faut aussi se chercher une bonne place, afin de ne pas se trouver derrière quarante personnes lorsque le soleil fait son entrée. Il faut bien imaginer que jusque là je n’avais pas vu la montagne depuis l’extérieur et j’avais seulement une vague idée de mon environnement. J’avais vu grâce à ma lampe de poche que le sol était plus ou moins rouge (volcanique puisque le mont Fuji est un volcan), mais j’avais aucune idée de quoi ressemblait le sommet. Vers les 4h30, le soleil est enfin apparu et a mis fin au suspense, puisqu’il est arrivé, comme prévu, à l’Est.

Comme c’était assez nuageux, on n’a pas réellement vu un lever du soleil extraordinaire, puisqu’il était caché derrière les nuages. Mais le reste était vraiment extraordinaire. Une mer de nuages, les lumières de la ville, le lac de Kawaguchi qui se découvre. Vraiment une vue extraordinaire. Et subitement, on commence à avoir moins froid, on observe qu’on est bien sur un cratère et tout le monde recommence à bouger, à marcher et bien sûr à prendre mille photos (plus de photos dans l’album Fuji dans le dossier voyages).

 

 


Ensuite, j’ai profité de ce temps découvert pour faire le tour du cratère, une petite heure de marche. Ca valait vraiment la peine, car ça m’a permis de me prendre pour Dieu ( ;-) ). En effet, pour tous ceux qui trouve que représenter une montagne par un bête triangle est trop schématique, voici une vue de l’ombre du Mont-Fuji (Si vous regardez bien, vous me verrez au sommet du triangle, d’où la référence du Dieu..) :

 

 

 
 
 
 En outre, on remarque que c’est très différent de nos sommets suisses. Il y a des restaurants, des magasins de souvenirs, un temple (bien sûr…) et… des pelles mécaniques (comment elles sont arrivées là, je me le demande quand même).

 


Vers 7h, j’ai commencé la longue descente, accompagné d’un groupe de Marines Américains rencontré dans le bus. Il y avait deux Marines basés à Okinawa et 1 pilote en Corée et c’était assez drôle de parler à ce type de gens. Un d’entre eux était une caricature du Marines type, puisqu’il était Républicain et m’a rencontré durant la descente sa rencontre avec Dieu et comment il considérait Jesus comme son Sauveur. Malgré le débat qui s’en suivit (le pauvre homme…), il ne m’a pas converti dans son Eglise… Au retour, j’ai pu découvrir le chemin que j’avais pris en montant, sans le voir cependant. Et l’arrêt de bus final, qui ressemblait fortement à un village dans les nuages.

 

 

 

Formidable expérience, mais il me fallait encore rentrer, par différents bus et trains. Je suis finalement arrivé dans ma chambre à 17h, où je me suis écroulé sur mon lit, pour me réveiller lundi matin à 7h30 pour aller au travail…


Vacances d'été

Comme chaque année, les entreprises japonaises ferment durant une semaine du mois d’août et on bénéficie ainsi de vacances d’été. C’est une semaine remplie de fêtes et festivals, dédiés aux personnes décédés (O-Bon). Comme la plupart des entreprises ferment en même temps, il est nécessaire de s’y prendre à l’avance pour planifier ses vacances, puisque les hôtels et les trains sont pleins. Une grande partie de mes collègues que j’ai questionnés profitaient de ces vacances pour retourner chez leurs parents, dans leur région d’origine. Il y en vraiment peu qui partent en voyage et aucun ne partait à l’étranger.

Quant à moi, j’ai profité pour me reposer de mon dur labeur en visitant des endroits peu connus du Japon. En effet, je suis allé au nord du Japon, visitant plusieurs villes et régions reculées, peu connues (même des Japonais). Mon but était également de faire un peu de marche, afin de voir si je suis encore capable de marcher une heure ou deux sans faire une crise au bord de la route.

Je suis parti très tôt le premier jour, destination Nikko. C’est une ville très connue au Japon, abritant les sanctuaires des Tokugawa (du Shogunat que vous connaissez certainement, n’est-ce pas ?!). C’était une famille puissante, qui construisit des temples et autres mausolées à Nikko, faisant de cette petite ville une sorte de « capitale spirituelle » du Japon d‘il y a 400-500 ans. La ville se trouve au milieu de montagnes et forêts, ce qui change beaucoup du paysage futuriste de Tokyo. Les sculptures sur les portes et temples sont vraiment impressionnantes et plus belles que celles vues auparavant à Tokyo ou ailleurs. L’une d’elle était un must touristique à elle seule puisque les gens payent 3 CHF et font la queue en plein soleil pour la prendre en photo. C’est une sculpture d’un chat qui dort. Selon mon guide, la signification de ce chat qui dort est que le temple a été débarrassé des souris. Bref, j’ai aussi bêtement fait la queue et pris de multiples photos de ce chat dormant, sans vraiment comprendre ce qui le rendait si sublime et intéressant. Bref, un touriste prend en photos ce qu’on lui propose, non ?

  

 

Ensuite, j’ai reprise le train, qui m’a mené à Tsuruoka, une ville de 130'000 habitants (un village campagnard selon les normes japonaises). La ville se trouve au pied de 3 montagnes sacrées, c’est-à-dire comportant des temples et où des pèlerins habillés tout en blanc gravisse les sommets en colonne bien rangées. J’ai rapidement abandonné l’idée de gravir les 3 sommets en 3 jours, puisque les bus les séparant étaient très peu fréquents. J’ai donc finalement été seulement au premier sommet, que l’on atteint en gravissant plus de 2'000 marches d’escaliers. Je serais bien allé à un des deux autres sommets, vu le descriptif de l’office du tourisme. C’est un gros rocher rouge, à propos duquel on n’a pas le droit de parler si on l’a vu. Ainsi, un poète l’a gravi et a écrit en rentrant :

« Je ne peux pas parler de ce que j’ai vu, mais regarder mes joues toutes mouillées de mes larmes. »

Bon, ça me semble un peu exagéré, car après le premier sommet, je ne me suis pas senti particulièrement purifié. Mais bref, j’ai profité de mon retour rapide en ville pour aller au festival organisé ce jour-là. Le festival n’était pas particulièrement attractif et j’ai bien retrouvé une ambiance campagnarde. Ca ressemblait à une fête de village, sans les cantines et les bars… (difficile à imaginer, n’est-ce pas ?!). Je me suis finalement assis au bord de la rivière, près des échoppes pour manger et boire quelque chose en attendant le défilement des lumières sur l’eau, représentant les morts. Cependant, un groupe de Japonais, ayant peut-être pitié de me voir seul m’on invité à leur table. Ils avaient tous la quarantaine et j’ai encore pu goûter au sens de l’hospitalité légendaire des Japonais. Ils m’ont offert des bières jusqu’à que j’arrive plus à les compter et m’appelait Michael Phelps (c’est pas que j’aime pas être comparé à un multiple champion olympique, mais je trouve qu’il a des trop grandes oreilles pour être comparé à moi…). Retour à l’hôtel sous la pluie, imbibé et à 21h20… Et oui, j’ai fait la fermeture du festival (ils rangeaient tout lorsque je suis parti), mais la fermeture des fêtes au japon se font environ 12h avant celle des fêtes en Suisse.

  

 

Le lendemain, je reprends différents trains pour aller visiter une autre montagne sacrés, Yamadera. Le même principe : On gravit des centaines de marches, entouré de temples, d’effigie de différentes figures sacrées et de gens qui prient au milieu de la nature escarpée… Ca vous fait aussi penser au Valais cette description ?? Sauf qu’ici, ils prennent la religion un peu plus à la rigolade, priant seulement lorsque l’on a un vœu spécial (amour, réussite d’examens, santé). C’était un peu moins impressionnant que ceux du jour d’avant et je pense que le paysage doit être bien plus joli en hiver, sous la neige.

 

 

Le même jour, je me rends à Sendai, la plus grande ville de la région (1 million d’habitants). Première surprise : la femme à la réception s’est trompée et je n’ai pas de chambre, je dois dormir en dortoir, c’est-à-dire en partageant ma chambre avec deux Japonais. Ca s’est pas trop mal passé, malgré que l’un d’entre eux fût un ronfleur de bon calibre. Bref, le lendemain, je pars à la découverte des îles environnantes, Matsushima. Matsushima veut dire « les îles de pins ». C’est en effet de toutes petites îles pleines de pins (des arbres quoi !). Comme tout coin touristique au Japon, il est également rempli de temples, ainsi que d’un temple de l’amour, sensé offrir la chance et le bonheur aux couples se rendant sur ce temple.

   

 

Un petit parcours en bateau pour découvrir les îles, mais surtout pour voir que l’on peut donner à manger à des mouettes, en plein vol (elles viennent prendre les chips qu’on leur tend dans la main) ! Retour à Sendai, petite visite de la ville et de sa promenade du château. Je m’attendais à voir un château à la « promenade du château » , mais il y en a pas, puisqu’il a été détruit il y a longtemps. Sinon, la ville est une ville ressemblant à toutes les villes du Japon, avec une immense rue marchande, une rue de banques et bureaux, un centre historique et des temples à gauche et à droite.

  

 
Ce fut une bonne semaine, malgré le mauvais temps. J’avais préparé un plan chargé, puisque j’ai finalement dormi que 3 fois à l’hôtel pour visiter tous ces différents endroits. J’ai bien pu découvrir une région du Japon peu connue, mais encore très traditionnel. Cependant, je trouve que parfois ça manque un peu d’originalité, puisque les endroits touristiques sont surtout constitués de temples ou autels. Un peu de mosquées ou de synagogue ne feraient pas de mal parfois !! toutes les photos se trouvent dans le dossier Vacances d’été, dans Voyages. Vous pourrez y voir le buddha de mes rêves (en bois), que j’ai toujours voulu installé dans mon salon (le jour où j’aurai un salon…).

 


Kamakura

Comme j’ai eu la chance cette semaine de recevoir la visite de ma sœur Mélanie et de Nicolas, j’ai pu leur faire visiter Tokyo (grâce aux deux jours de congés reçus par mon patron, que je salue au passage ! comme si il pouvait lire le français…). Tout s’est bien passé et on a pu en profiter pour visiter Kamakura, une station balnéaire proche de Tokyo. C’est dans cette ville que les Tokyoïtes viennent se reposer le week-end de leur dure semaine (à part quand les heures supplémentaires s’étendent sur le week-end…).

Les principaux intérêts de cette station sont les nombreux temples, une île accessible par un pont et bien entendu les plages.  Vu la chaleur et la fatigue de certains, on a visité seulement deux temples. Mais puisque c’est  un peu comme le château de Chillon (lorsque l’on a vu un temple, c’est comme si on les avait tous vus), ça suffisait pour se faire une idée de la beauté des temples bouddhistes. De plus, les deux temples que l’on a pu voir étaient beaux et assez originaux, puisqu’un immense bouddha de 120 tonnes se trouvait dans le premier et le deuxième avait un beau et grand jardin, avec pleins de statues un peu bizarres…

Suite à une proposition de Nico (il en fait parfois…), on a bu un verre avant de continuer notre excursion à l’île Enoshima. Au sommet de l’île, accessible par des escaliers roulants, on a pu monter sur un phare et profiter de la belle vue. On était censé voir le Mt-Fuji, mais il semble que le smog empêche de le voir durant 364 jours par an.

 

 

Bref, c’est une très belle ville, qui permet de s’échapper de la foule de Tokyo si on en ressent le besoin (pas encore mon cas…). Ce fut un très beau week-end prolongé et on a bien visité, bien rigolé et bien bu. Merci beaucoup ! Plus de photos se trouvent dans le dossier Mél-Nico, lui-même se trouvant dans le dossier Visites de Suisse…


Kyoto

Comme nous avions une petite pause après avoir atteint un peu plus de la moitié de notre séjour à Kanazawa (et oui, le temps passe trop vite), nous avons pu en profiter pour aller à Kyoto 3 jours. Kyoto est l'ancienne ville impériale et m'a été présenté comme étant la 8ème Merveille du Monde. Il y a énormément de temples et c'est à peu près tout ce qu'on a visité. Il en existe de vraiment beau (voir Albums photos), genre un temple en Or, mais finalement, ça lasse un peu. Le reste de la ville est bien comme une ville normale au Japon, avec ses fils électriques dans tous les sens et ces maisons ne dépassant jamais le 2ème étage. C'est une belle ville, mais cela tient presque uniquement dans ses quelques centaines de temples. Je trouve que cela manque de diversité, par rapport à nos villes européennes où plusieurs cultures se touchent et créent une diversité bienvenue. Mais sinon, c-est un must du tourisme. On y est all; un jeudi d'une semaine tout à fait ordinaire, mais les hôtels et les visites étaient pleines à craquer de touristes, course d'école,... du Japon ou autres... Il semble que Kyoto est plein de monde durant toute l'année.