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Petit Grégory au Japon

Les tremblements de terre

Comme Kanazawa se trouve au bord de la mer japonaise (proche de la Corée), mes trois premiers mois ont été très calmes au niveau des tremblements de terre. En effet, c’est une zone où il n’y a pas beaucoup plus de tremblement qu’en Suisse. Cependant, maintenant que je me trouve sur l’autre côte japonaise, ce phénomène est beaucoup plus fréquent. Ca fait bientôt deux mois que je vis à Hitachi et j’ai pu expérimenter pas moins de 6 tremblements de terre durant cette courte période. Autant dire que les gens ici ont appris à vivre avec cela…

Sur les 6 tremblements, il y en a 2 que je n’ai pas ressentis, mais dont on m’a parlé après coup. Un des deux devait être assez puissant, puisque des gens de Kanazawa m’ont écrit pour savoir si j’allais bien. Comme je ne savais même pas qu’il y avait eu un tremblement, j’ai pu les rassurer (quoiqu’ils aient dû se poser des questions sur ma santé mentale, puisque je n’avais pas senti un tremblement de terre suffisamment fort pour qu’il soit dans les journaux).

J’en ai senti deux autres, alors que j’étais au lit. Ca m’a réveillé et c’est une sensation assez bizarre de se faire réveiller par son lit qui bouge et tremble. Ca a duré une trentaine de secondes, juste le temps pour moi de réaliser que c’était un tremblement de terre et non pas la fonction « massage » de mon lit qui s’est enclenchée par hasard (j’ai de toutes manières pas cette fonction sur mon lit, mais bon, on n’est pas très lucide qu’on se fait réveiller au milieu de la nuit).

Un nouveau tremblement a eu lieu au travail la semaine passée. J’ai senti la terre bougée sous mes pieds et tout d’abord je me suis demandé comment la femme qui passait à côté de mon bureau pouvait faire des pas assez lourds pour faire trembler le sol, alors qu’elle avait l’air très légère. On s’est un peu regardé entre collègues, mais personne n’a arrêté de travailler pour autant. Comme je l’ai écrit plus haut, ils ont appris à vivre avec ces tremblements dans leur quotidien. Moi non plus, je n’ai pas paniqué. Je n’ai donc pas plongé sous mon bureau ou agrippé mon casque (on a tous reçu un casque, quoiqu’au septième étage, je ne suis pas sûr qu’il me sauvera la vie si l’immeuble s’écroule…). C’est plus rigolo et étrange que vraiment effrayant. La terre bouge un peu et c’est tout.

Cependant, vendredi, alors que j’étais tranquillement chez moi, un nouveau tremblement a eu lieu. J’ai donc comme à chaque fois souri en me disant « trop cooool » ! Mais au moment où normalement la secousse s’arrêtait, elle a cette fois subitement redoublé d’intensité. Mon sourire a disparu et pour une fois, j’ai eu un brin les chocottes. Je me suis levé d’un seul coup pour aller vers le balcon (pourquoi le balcon, je ne sais pas…). Bon, ça s’est rapidement arrêté. 2-3 feuilles sont tombées de mon bureau, une porte du corridor a claqué et l’écran de mon ordinateur portable a un peu vibré dans tous les sens, mais sinon rien de bien grave. Je ne sais pas quelle était sa puissance, je ne sais pas où trouvé de telles informations, mais je pense que c’était le plus fort que j’ai vécu ici.

En conclusion, il faut tout de même que je souligne qu’il n’y a aucun souci à se faire. Les gens ont appris à vivre avec ces secousses et il n’y a pas de raison d’avoir peur. Il y a rarement des victimes et les bâtiments sont construits pour tenir des secousses puissantes. Donc pas de souci, c’est certainement moins meurtrier que les avalanches en Suisse…


L'entreprise

Le Japon est très connu pour avoir des horaires de travail chargé. A en croire ce qu’on raconte en Europe sur les Japonais, ils feraient des heures supplémentaires tous les jours, jusqu’à 22h voire plus tard certains jours, sans recevoir de salaires ou de vacances et accepteraient bien entendu tout cela sans râler envers leurs supérieurs, mais bien au contraire, en le révérant et en le tenant comme une âme supérieurement intelligente, prêt à bosser durant leurs jours de congés pour lui faire plaisir. Un peu grotesque cette caricature me direz-vous…

Sauf que c’est entièrement vrai. Les Japonais trouvent effectivement que 2 heures supplémentaires par jour c’est trop peu. De plus, ils ne râlent jamais, ne discutent jamais les décisions du patron et franchement, j’ai parfois l’impression qu’ils ont perdu tout sens critique. Si en Suisse, on râle parfois simplement pour le plaisir de râler, au Japon, on ne critique jamais quelque chose où une entité supérieure pourrait être touchée (patron, gouvernement,…).

J’ai parfois l’impression d’être entouré de fourmis, tout droit sorti de l’imagination de Georges Orwell. Faut dire que s’ils n’utilisent pas Big Brother, on est tout de même sous une forte surveillance. En effet, comme beaucoup d’employés vivent dans un dortoir (ou dans des appartements partiellement payés par l’entreprise), ils peuvent savoir ce qu’on mange, si l’on découche, ce que l’on envoie à nettoyer et peuvent même entrer dans notre chambre si ils en ressentent le besoin (ou dans les douches pour voir notre zizi… mais bon, là je m’écarte un peu du sujet).

Je sais, je suis un peu parano, mais c’est une ambiance très bizarre. Surtout, qu’une fois le travail terminé, on sort entre collègues ou on va faire du sport dans un centre sportif, appartenant à l’entreprise, voire faire d’autres activités, organisées dans le cadre de l’entreprise. Bref, tout partout où je vais et quoi que je fasse, je peux voir des collègues et des « HITACHI » sur les bâtiments où je me rends et sur tout appareils électroniques de la ville (stéréo, télévision, même des meubles). De plus, on se retrouve toujours avec des membres de l’entreprise, des supérieurs ou autres. Même si ils sont très sympas, je suis bien content de fuir parfois à Tokyo pour me retrouver hors de la bulle Hitachi.

Vous allez dire que tout le monde peut parfois se retirer dans sa vie privée pour oublier le travail. Sauf que si on se retrouve à faire 12 heures ( !) de travail par jour et que l’on doit encore en plus sortir avec nos collègues (certains considèrent ces sorties comme des heures supplémentaires), notre vie privée est très faible. Il y a beaucoup de chances que le conjoint et les possibles enfants soient déjà couchés. De cette manière, on connait très peu sa famille et on lui parle très peu (une blague japonaise dit que les enfants demandent à leur père qu’ils n’ont pas reconnu « à quelle heure rentre papa ? »). La vie en famille est donc souvent très pauvre.

En outre, comme au Japon, le salaire est basé principalement sur ton ancienneté dans l’entreprise plutôt que sur tes compétences, on reste en gros toute sa vie dans la même entreprise. Donc, on ne sort jamais de cette « bulle » et la vie est très centrée sur l’entreprise, plutôt que sur sa vie privée. Les Japonais ont peu d’amis et c’est généralement des collègues de travail (voire des amis d’enfance, de l’école ou de l’université). C’est un grand choc culturel, mais il semble que la jeunesse nippone est en train de modifier les mentalités… à suivre donc.

Quant à moi, je tiens à vous rassurer, je ne fais pas une minute supplémentaire, je lis le journal au travail (les journaux suisses ne sont pas bloqués par le système de l’entreprise) et je parle au patron plus ou moins de la même manière que je parle à mes autres collègues, c’est-à-dire poliment, mais sans m’écraser devant son intelligence et son grand savoir. Au dortoir, on a à l’entrée une petite lampe avec notre nom inscrit en-dessous qu’il faut allumer lorsque l’on rentre (histoire qu’ils puissent rapidement contrôler qui est là et qui ne l’est pas… pourquoi, je sais pas…une idée ?). Et bien entendu, tous les jours, j’ai l’honneur d’être le premier à pouvoir illuminer mon nom, mes collègues arrivant parfois seulement vers les minuits…

 


 

 

Des photos de ma belle entreprise dominant la ville se trouvent dans le dossier L’entreprise, lui-même étant dans le dossier Choc culturel.

 


izakaya

Ca fait maintenant 4 mois que je suis au Japon et je pense que c’est gentiment le moment d’expliquer quelque chose d’important : les sorties nocturnes. En effet, comme vous pourriez vous y attendre, c’est très différent de la Suisse. La culture japonaise offre toujours un grand choix, que ce soit en religion (toutes les religions du monde se retrouvent dans le pays malgré que 50% de la population se dit athée), en restauration, en vêtements ou en hôtels. Je vais donc commencer une « série » pour décrire les différents restaurants ou bars que j’ai pu voir au Japon (je vous avertis, certains seront assez loufoques).

Parmi tous ces établissements, l’izakaya est au Japon ce que sont les pubs/bars à notre culture. Il y en a à chaque coin de rue et ils sont très populaires. On y va principalement entre collègues de travail, voire entre amis ou en couple (plus rare et plutôt durant l’étape de « négociation », c’est-à-dire avant le mariageJ). Contrairement à nos bars, l’izakaya ressemble à un restaurant. En entrant, tout le personnel hurle un petit « Bienvenue » et on nous amène à notre table. Selon l’établissement, on s’assied sur le sol, en tailleur ou à genoux (on s’y habitue, mais ça reste douloureux), ou on a la chance de trouver des chaises à notre table.

Au Japon, on boit rarement sans manger. L’izakaya est l’endroit rêvé pour manger et boire. Le principe est de commander sur une carte de la nourriture réellement délicieuse, toujours en petites portions qui sont placées au milieu de la table et où tout le monde se sert librement. On se retrouve donc souvent avec de véritables festins. Et contrairement à l’Europe où on commande, mange et paye, dans une izakaya on commande, mange, re-commande, re-mange, re-commande, re-mange, petite pause, re-commande, re-mange et ainsi de suite (bon, on finit aussi toujours par payer). On mange lentement puisque de petites portions sont souvent partagées entre 5-6 personnes, mais toutes les 30-40 minutes, on rappelle le serveur pour commander les plats suivants. Du coup, on reste souvent 3 heures à table, en mangeant, et buvant bien sûr. C’est de véritables festins et on goûte vraiment à plein de plats, des sushis aux brochettes grillées, en passant par des salades, fruit de mer ou autres plats délicieux dont la traduction française n’existe sûrement pas et que je vous épargne donc.

Bien entendu, durant tout ce festin, on boit et plutôt rapidement. Le verre est souvent à moitié vide (ou à moitié plein), que le voisin t’en recommande un. On perd le compte de ce qu’on boit et mange, mais ça reste toujours très bon marché. C’est vraiment les meilleures soirées que l’on peut avoir au Japon… à condition d’y aller avec des Japonais. En effet,  les Japonais sont très à l’aise et sont en parfaite harmonie avec l’ambiance de l’izakaya, alors que si l’on y va sans trop connaître et entre Suisses, on aura plus de peine à commander et d’une manière générale, on se sent pas tout à fait dans l’ambiance. Et comme très souvent des murs séparent les différentes tables, on peut pas vraiment voir comment font les autres, ni socialiser avec les voisins, comme on le ferait dans nos bars. Ce que je trouve parfois dommage…

Voila quelques photos (Dossier de photos "Restaurants et bars") d'une sortie Izakaya pour le départ d'un Hollandais. Je suis désormais officiellement le seul Européen de Hitachi! 

 

 


Diaporama

Voila un petit aprecu de tout ce que je vois et vis tous les jours. C'est une compilation des choses qui sont ici tout à fait normales, mais qui ma foi ne sont pas forcément habituel pour un petit Suisse. Scènes quotidiennes de rayon de magasin, d'habitudes vestimentaires, de nourriture, de publicité... N'hésitez pas à écrire si vous avez besoin d'explications sur l'une ou l'autre photo... Quoique la plupart ne nécessite aucun explication!! Oubliez pas de mettre la musique, elle est bien adéquate... Pour voir la vidéo, il faut copier l'adresse ci-dessous (impossible de faire autrement, problème technique avec le site, j'imagine).

http://fr.youtube.com/watch?v=Bw0OyHv3cHo