Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Petit Grégory au Japon

Week-end de Ski

Même si on ne voit pas souvent des Japonais descendre le Lauberhorn à 150km/h, le ski est un sport très populaire au Japon. Il fallait donc que j’aille dans une station japonaise, pour voir à quel point c’est différent. J’ai pu voir tout ça, grâce au travail d’organisations de quelques collègues, qui m’ont invité pour un week-end de ski à Zao, station très connue au Japon. Voilà donc en exclusivité le rapport de ce beau week-end, accompagné par 20 (!) collègues.

Départ à 5h du matin le samedi, en voitures. Bien entendu, comme j’habite « seulement » à deux heures au nord de Tokyo, il fallait aller encore plus loin pour trouver de la neige (chose encore inaperçue cette année). 4h30 plus tard, arrivé à notre ryokan, une sorte d’auberge. Dépôt des sacs, prise du matériel de ski et départ pour les pistes. Comme le sommet le plus élevé du site est à 1'700 mètres, c’est un décor assez différent de nos stations de ski. Les montagnes sont en effet de grandes forêts, où on a rasé une partie pour faire place aux skieurs. Cela donne un paysage très différent et ma foi aussi très joli. Mais bon, ce n’est pas de la très haute montagne.

 


 

Première journée de ski difficile, cela étant du à une visibilité nulle (brouillard dense), un froid de canard et un matériel de m… Retour à 17h dans notre auberge pour… ce qui suit toujours une journée de ski… devinez… Et non, ce n’est pas l’après-ski ou une beuverie quelconque, mais des bains spas. En effet, au Japon, ce qui suit une journée de ski, ce sont des bains (onsen), dans l’eau provenant du centre de la terre et comportant du souffre (dans cette région, mais chaque région à sa spécialité). Un bon petit bain chaud avec mes collègues, suivi d’un bon repas dans l’auberge.

 

Ensuite, j’avais imaginé qu’on sortirait dans une izakaya pour boire un verre ou deux. Sauf que tout avait été préparé : Petite fête dans notre chambre (les chambres étaient assez grandes, puisqu’on dormait à 6 dedans), avec jeux suivis du dernier verre avant d’aller dormir. Lorsque les jeux ont commencés, j’ai eu un peu peur de m’ennuyer ferme, car les jeux japonais sont parfois très « gamins ». Mais finalement, c’était vraiment pas mal et très marrant. On a même eu droit au pauvre type qui a dû manger un sushi au wazabi (voir la photo ci-dessous).

 


 

Jour suivant, retour sur les pistes et cette fois par un temps magnifique. Pas un nuage et on découvre enfin le paysage, les montagnes environnantes, ainsi que la neige sur laquelle on a skié le jour précédant sans vraiment apercevoir nos skis. Bonne journée de ski, avec la vue au sommet (c’est pas le Cervin, mais bon). Ci-dessous, les photos de la forêt sous une neige épaisse. Vraiment très joli (ces gros trucs blancs sont des arbres...), c’est impressionnant de skier dans ce paysage…

 

Ensuite, nouveau spa, cette fois dehors (première fois que je me baladais à poil dans la neige). Retour dans notre belle contrée vers les 20h. Très bon week-end, malgré que la station ne vaut pas tout-à-fait Zermatt… Plus de photos dans le dossier Voyages, Ski à Zao (désolé pour la qualité, mais elles ont été prises avec mon natel, puisque ma caméra est récemment décédée).

 


 


Noël au Japon

Je vais essayer de répondre à la question ultime que tout le monde se pose aujourd’hui: Mais que font les Japonais à Noel? Fêtent-ils cette fête des fêtes?

Pour rapidement répondre, je peux écrire que c’est le 25 et que je suis au travail. Donc, non, ce n’est pas une fête très importante ici. Ils savent bien que c’est Noel, mais personne ne m'a souhaité un joyeux Noel, jusqu’à maintenant. Les entreprises ont fermées le 23, c’était pour l’anniversaire de l’empereur, mais aucun congé pour Noel, l’Avent ou autres. Il faut attendre les vacances d'hiver, depuis le 30 dans mon entreprise (pour cause de visite venues de Suisse, ce sera depuis le 27 pour moi…).

 


 

En général, au Japon, on a le choix entre trois activités pour Noel: Tout d’abord, si on a une copine (ou un copain pour ces dames), on sort ensemble, manger dans le resto du coin. Il n’y a pas forcement de menu spécial, mais c’est l’occasion de sortir. Si on est célibataire et jeune, on sort avec d’autres amis célibataires et jeunes et on boit pour oublier que l’on est célibataire et jeune… Et la dernière solution, de loin la plus populaire selon le sondage que j’ai fait a mes collègues: On ne fait rien. On rentre du boulot à la même heure que d'habitude, on mange la même nourriture que d'habitude et on se couche avec la même personne que d'habitude. Pour moi, ce sera préparation de mes valises, téléphone en Suisse à la famille, qui elle fête Noel, et je filerai au lit tôt, j’espère, car il me reste une journée de travail avant daller rejoindre les “3 Suisses” venus gentiment me rendre visite.

Jai souhaite Joyeux Noel à un collègue ce matin, il a été tres surpris. Il m'a expliqué que comme il n'a pas de copine, personne n’allait le lui souhaiter. Il était donc tres heureux que quelqu’un le lui souhaite, même si il aurait préféré que je sois une blonde pulpeuse à forte poitrine. En effet, à part entre amoureux en sortie, personne ne se souhaite de Joyeux noël. Ainsi, les enfants émerveillés, les yeux plein de rêves et les bras de cadeaux, sur une douce mélodie de Noel, ce sera pour une autre fois.

Bon, je dois dire que comme le temps me fait penser à un mois d’avril (pas de signe de neige), que les magasins ne sont pas pleins de guirlandes, bref, que l’ambiance n'y est pas, je ne remarque pas du tout que c’est Noel, période si spéciale et différente en Europe. Donc, je me fais au point de vue japonais, et cette année, mon Noel ne sera pas un événement plus important que la St-Valentin (en célibataire en plus…).

Mais je souhaite à tout le monde un Joyeux noël et une Bonne Année… malgré tout. Les photossont les arbres décorés pour l'occasio, aux alentours de mon entreprise... Même le tronc est décoré.

 

 


Comment les Japonais me perçoivent…

 Avant de venir au Japon, j’avais bien sûr compris que je devrais souvent me baisser pour parler au gens ou pour passer les portes. On m’avait dit de me faire discret, ma foi, c’est foutu pour cette fois. Pour tous ceux qui se demande à quoi ressemble la vie de la femme à barbe, de elephant man ou de tout autres personnages incongrus, voilà un aperçu à travers quelques anecdotes…

Durant ma première semaine au travail, on m’a présenté un peu près 50 personnes. C’était très sympa et dans le but de m’intégrer rapidement. Alors que je mangeais avec mon responsable et deux collègues féminines, la discussion est très vite tombée dans le sujet maintes fois abordé : Ma taille, 1m93. S’en est suivi les questions habituelles, c’est-à-dire, la taille de mes pieds, comparer mes mains aux leurs, tenter de toucher le plafond et ainsi de suite, sous les « ehhhhhhh », « hoooooo »  de mes nouvelles collègues. La discussion s’est terminée par l’affirmation d’une collègue : « Vu qu’il est grand, forcément tout est grand chez lui »… Elle pensait certainement aux mains et aux pieds, mais j’ai eu beaucoup de peine à me retenir de faire part de mes sentiments…

Je me suis fait un ami à la salle de sport. C’est un homme, la 50aine passée, qui m’a demandé… devinez quoi !! Ma taille ! Incroyable, non ?! Il m’a dit qu’il aimerait être grand comme moi, pour qu’on le surnomme « handosomu tawaa » (handsome tower avec la prononciation japonaise, c’est-à-dire la « mignonne tour »). Il m’appelle comme cela à chaque fois qu’il me croise, même dans les douches, ce qui est un peu gênant, mais bon…

  Tous les mercredis, je vais faire du football avec l’équipe de l’entreprise. Et toutes les semaines, j’entends la même phrase, encore et encore : « Comme tes jambes sont looongues ». En effet, ils ont une peine incroyable, mais tout de même compréhensible, à me gérer. Par exemple, un collègue qui court balle aux pieds, me voit derrière lui, mais pense que je ne représente aucun danger, car trop loin. Et tout à coup, pouff, mon pied passe devant lui et lui prend la balle. Pour toutes sortes de choses, ils perdent leurs repères, ce qui rend les choses aisées pour moi. Les 10 centimètres qui désarçonnent et me permet de récupérer de nombreux ballons… « Comme tes jambes sont looongues »…

 Lorsque je me ballade dans la rue, les gens me regarde souvent, vu que je dépasse largement. Et souvent, le regard passe aux pieds, pour s’assurer que mes pieds sont vraiment sur le sol et que je ne flotte pas dans l'air j’imagine.

Ca arrive souvent que les gens ressautent si j’apparais brusquement dans leur champ de vision… C’est un peu décevant de venir demander son chemin à quelqu’un et que la personne réagit en sursautant comme si j’étais Godzilla. Heureusement, l’inverse existe également. Par exemple, lors d’un festival à Kanazawa, une jeune fille n’avait pas pu s’empêcher de lâcher un « Waoooow » en m’apercevant… Clément doit s’en rappeler, tellement il brulait de jalousie… haha

Bref, c’est très drôle comme ça et l’effet de surprise fait toujours rire sur le moment. Cependant, c’est également très fatigant de toujours tomber sur ce sujet de discussion et l’air de rien, ils me font à chaque fois remarquer que je suis vraiment pas comme eux… (rien de neuf, vous allez dire, mais quand même…). Bon, en même temps, il vaut mieux se faire remarquer par sa grande taille que par autre chose de plus honteux.

 


 


Les séances de anzen

 Dans mon entreprise, il y a beaucoup d’activités communes, de séances en tout genres, voire même des concours (par exemple, obligation de tous les groupes à participer à un concours d’arrangement de fleurs, afin d’égayer les corridors lors de la journée « portes ouvertes » aux clients !!). Aujourd’hui, je vais parler des séances anzen, très nombreuses et intéressantes. Comme vous ne parlez sûrement pas japonais, vous ne savez pas ce que veut dire anzen. C’était pareil pour moi la première fois, au mois de juillet de cette année. Plein d’enthousiasme et de curiosité, j’avais suivi mes collègues dans la salle de réunion, qui ressemble furieusement à une salle de classe. J’avais hâte de découvrir une séance d’anzen, un nouveau choc culturel certainement.

Je me suis assis et ai attendu de voir ce qu’il se passe. Tout le monde s’assied confortablement, les lumières sont baissées, des images défilent sur le projecteur et un animateur parle d’une voix douce et endormante. Pour comprendre, je regarde mes collègues et réalise qu’ils se sont tous endormis, les yeux fermés, la tête tombant sur la poitrine, l’épaule ou la table. J’ai tout compris, me disais-je, une séance anzen est certainement une séance de relaxation, de repos. Décidément, Hitachi est une entreprise formidable, qui offre à ses employés des séances de repos d’une heure plusieurs fois par mois… Je m’empresse donc de faire comme mes collègues et me laisse glisser dans les bras de Morphée.

Par curiosité, j’ai tout de même cherché dans un dictionnaire la signification de anzen. Et là, stupeur, anzen ne signifie pas repos, dormir ou relaxation, mais « sécurité ». Mais quel est ce mystère ?? Je profite de la séance suivante pour me pencher un peu plus sur le comment du pourquoi du où est-ce que la sécurité est abordée durant cette séance. Bref, cette fois-ci sans dormir, j’ai remarqué que l’animateur qui parle doucement et d’une voix traînante parle en fait de sécurité au travail ou « pas au travail » (pour les employés qui ne font pas que travailler et qui parfois rentrent chez eux).

On y apprend des choses merveilleuses, comme par exemple qu’ "il faut faire attention quand on conduit et qu’on arrive à un croisement" ou « que lorsque l’on a trop bu, il faut marcher à côté du vélo en s’appuyant dessus (pour s’aider) et non pas s’asseoir dessus et pédaler », car c’est dangereux, qu’il a dit le monsieur !

Comme vous l’aurez peut-être compris, ma petite histoire n’était là que pour amener le sujet du jour : le sommeil lourd des Japonais. Puisque les Japonais travaillent trop et ne se parlent pas beaucoup, dormir est un sport national. Un wagon du métro de Tokyo peut être plein à craquer, que l’on entend uniquement le pianotement sur les claviers de téléphones portables. Ceux qui pianotent sont en fait ceux qui sont debout, alors que les gens assis dorment. On a chaque fois l’impression qu’il y a eu une attaque au gaz, car vraiment tout le monde dort. Sinon, on en voit souvent dormir dans les cafés, les restaurants, les ascenseurs (!!), debout, assis, voire en conduisant (j’en ai été témoin). voila par exemple quatre lycéennes venues papoter dans le métro...

 


 

 Mon passe-temps préféré au travail est de compter et d'observer mes collègues qui dorment. La collègue qui est en face de moi dort en moyenne 1-2 heures par jour à sa place de travail. C’est passionnant. Tout d’abord, on a de la peine à voir si elle dort ou si elle réfléchit fort. Ensuite, on remarque que ca tête tombe lourdement et se relève sans arrêt. Mais c’est après 1 heure que ça devient intéressant : elle s’est totalement laissé aller, ses bras pendent dans le vide et sa tête tombe sur sa poitrine. Et là, je me marre ! J’adore. Elle ressemble à un clochard qui a bu une bouteille de whisky de trop.

Bon, ce n’est pas la seule, les collègues dormant sont en nombre. J’entends même parfois des ronflements lorsque je vais aux toilettes, dans la cabine à côté. Et comme c’est un sport national et que les gens dorment partout, n’importe comment et n’importe quand, personne ne dit rien, ni ne s’offusque de voir quelqu’un dormir au travail. De plus, dans la culture japonaise, on regarde peu les autres. Beaucoup de gens viennent à leur bureau, sans regarder autour d’eux, sans s’intéresser à ce que font les autres, bref, sans « chneuker » (tiens, malgré que je l’utilise depuis toujours, ce mot n’est pas dans le dico). Du coup, les Dormeurs peuvent se laisser aller, sans avoir trop peur d’être observé… Sauf par moi bien sûr !!