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Petit Grégory au Japon

L'entreprise

Le Japon est très connu pour avoir des horaires de travail chargé. A en croire ce qu’on raconte en Europe sur les Japonais, ils feraient des heures supplémentaires tous les jours, jusqu’à 22h voire plus tard certains jours, sans recevoir de salaires ou de vacances et accepteraient bien entendu tout cela sans râler envers leurs supérieurs, mais bien au contraire, en le révérant et en le tenant comme une âme supérieurement intelligente, prêt à bosser durant leurs jours de congés pour lui faire plaisir. Un peu grotesque cette caricature me direz-vous…

Sauf que c’est entièrement vrai. Les Japonais trouvent effectivement que 2 heures supplémentaires par jour c’est trop peu. De plus, ils ne râlent jamais, ne discutent jamais les décisions du patron et franchement, j’ai parfois l’impression qu’ils ont perdu tout sens critique. Si en Suisse, on râle parfois simplement pour le plaisir de râler, au Japon, on ne critique jamais quelque chose où une entité supérieure pourrait être touchée (patron, gouvernement,…).

J’ai parfois l’impression d’être entouré de fourmis, tout droit sorti de l’imagination de Georges Orwell. Faut dire que s’ils n’utilisent pas Big Brother, on est tout de même sous une forte surveillance. En effet, comme beaucoup d’employés vivent dans un dortoir (ou dans des appartements partiellement payés par l’entreprise), ils peuvent savoir ce qu’on mange, si l’on découche, ce que l’on envoie à nettoyer et peuvent même entrer dans notre chambre si ils en ressentent le besoin (ou dans les douches pour voir notre zizi… mais bon, là je m’écarte un peu du sujet).

Je sais, je suis un peu parano, mais c’est une ambiance très bizarre. Surtout, qu’une fois le travail terminé, on sort entre collègues ou on va faire du sport dans un centre sportif, appartenant à l’entreprise, voire faire d’autres activités, organisées dans le cadre de l’entreprise. Bref, tout partout où je vais et quoi que je fasse, je peux voir des collègues et des « HITACHI » sur les bâtiments où je me rends et sur tout appareils électroniques de la ville (stéréo, télévision, même des meubles). De plus, on se retrouve toujours avec des membres de l’entreprise, des supérieurs ou autres. Même si ils sont très sympas, je suis bien content de fuir parfois à Tokyo pour me retrouver hors de la bulle Hitachi.

Vous allez dire que tout le monde peut parfois se retirer dans sa vie privée pour oublier le travail. Sauf que si on se retrouve à faire 12 heures ( !) de travail par jour et que l’on doit encore en plus sortir avec nos collègues (certains considèrent ces sorties comme des heures supplémentaires), notre vie privée est très faible. Il y a beaucoup de chances que le conjoint et les possibles enfants soient déjà couchés. De cette manière, on connait très peu sa famille et on lui parle très peu (une blague japonaise dit que les enfants demandent à leur père qu’ils n’ont pas reconnu « à quelle heure rentre papa ? »). La vie en famille est donc souvent très pauvre.

En outre, comme au Japon, le salaire est basé principalement sur ton ancienneté dans l’entreprise plutôt que sur tes compétences, on reste en gros toute sa vie dans la même entreprise. Donc, on ne sort jamais de cette « bulle » et la vie est très centrée sur l’entreprise, plutôt que sur sa vie privée. Les Japonais ont peu d’amis et c’est généralement des collègues de travail (voire des amis d’enfance, de l’école ou de l’université). C’est un grand choc culturel, mais il semble que la jeunesse nippone est en train de modifier les mentalités… à suivre donc.

Quant à moi, je tiens à vous rassurer, je ne fais pas une minute supplémentaire, je lis le journal au travail (les journaux suisses ne sont pas bloqués par le système de l’entreprise) et je parle au patron plus ou moins de la même manière que je parle à mes autres collègues, c’est-à-dire poliment, mais sans m’écraser devant son intelligence et son grand savoir. Au dortoir, on a à l’entrée une petite lampe avec notre nom inscrit en-dessous qu’il faut allumer lorsque l’on rentre (histoire qu’ils puissent rapidement contrôler qui est là et qui ne l’est pas… pourquoi, je sais pas…une idée ?). Et bien entendu, tous les jours, j’ai l’honneur d’être le premier à pouvoir illuminer mon nom, mes collègues arrivant parfois seulement vers les minuits…

 


 

 

Des photos de ma belle entreprise dominant la ville se trouvent dans le dossier L’entreprise, lui-même étant dans le dossier Choc culturel.

 


Kamakura

Comme j’ai eu la chance cette semaine de recevoir la visite de ma sœur Mélanie et de Nicolas, j’ai pu leur faire visiter Tokyo (grâce aux deux jours de congés reçus par mon patron, que je salue au passage ! comme si il pouvait lire le français…). Tout s’est bien passé et on a pu en profiter pour visiter Kamakura, une station balnéaire proche de Tokyo. C’est dans cette ville que les Tokyoïtes viennent se reposer le week-end de leur dure semaine (à part quand les heures supplémentaires s’étendent sur le week-end…).

Les principaux intérêts de cette station sont les nombreux temples, une île accessible par un pont et bien entendu les plages.  Vu la chaleur et la fatigue de certains, on a visité seulement deux temples. Mais puisque c’est  un peu comme le château de Chillon (lorsque l’on a vu un temple, c’est comme si on les avait tous vus), ça suffisait pour se faire une idée de la beauté des temples bouddhistes. De plus, les deux temples que l’on a pu voir étaient beaux et assez originaux, puisqu’un immense bouddha de 120 tonnes se trouvait dans le premier et le deuxième avait un beau et grand jardin, avec pleins de statues un peu bizarres…

Suite à une proposition de Nico (il en fait parfois…), on a bu un verre avant de continuer notre excursion à l’île Enoshima. Au sommet de l’île, accessible par des escaliers roulants, on a pu monter sur un phare et profiter de la belle vue. On était censé voir le Mt-Fuji, mais il semble que le smog empêche de le voir durant 364 jours par an.

 

 

Bref, c’est une très belle ville, qui permet de s’échapper de la foule de Tokyo si on en ressent le besoin (pas encore mon cas…). Ce fut un très beau week-end prolongé et on a bien visité, bien rigolé et bien bu. Merci beaucoup ! Plus de photos se trouvent dans le dossier Mél-Nico, lui-même se trouvant dans le dossier Visites de Suisse…


Coucou nostalgique

Comme promis, voici le diaporama que j’avais fait sur mes moments « familiaux » à Kanazawa. C’est un résumé de tous ce que j’ai vécu avec ma famille d’accueil, ainsi qu’avec celles de Clément et Fred. On retrouve entre autres une sortie à la plage Chirihama, les kimonos de Otoosan, l’anniversaire de Imooto, ma cérémonie de clôture ainsi que les multiples sorties avec Okaasan sur un fond musical japonais, artiste recommandé par Okaasan (l'adresse youtube à recopier plus bas...)

お母さん、もう一度ありがとうごやいました。お世話になりました。音楽があります、お母さんのおすすめです。。。

http://fr.youtube.com/watch?v=VZx01Cjcr7M


izakaya

Ca fait maintenant 4 mois que je suis au Japon et je pense que c’est gentiment le moment d’expliquer quelque chose d’important : les sorties nocturnes. En effet, comme vous pourriez vous y attendre, c’est très différent de la Suisse. La culture japonaise offre toujours un grand choix, que ce soit en religion (toutes les religions du monde se retrouvent dans le pays malgré que 50% de la population se dit athée), en restauration, en vêtements ou en hôtels. Je vais donc commencer une « série » pour décrire les différents restaurants ou bars que j’ai pu voir au Japon (je vous avertis, certains seront assez loufoques).

Parmi tous ces établissements, l’izakaya est au Japon ce que sont les pubs/bars à notre culture. Il y en a à chaque coin de rue et ils sont très populaires. On y va principalement entre collègues de travail, voire entre amis ou en couple (plus rare et plutôt durant l’étape de « négociation », c’est-à-dire avant le mariageJ). Contrairement à nos bars, l’izakaya ressemble à un restaurant. En entrant, tout le personnel hurle un petit « Bienvenue » et on nous amène à notre table. Selon l’établissement, on s’assied sur le sol, en tailleur ou à genoux (on s’y habitue, mais ça reste douloureux), ou on a la chance de trouver des chaises à notre table.

Au Japon, on boit rarement sans manger. L’izakaya est l’endroit rêvé pour manger et boire. Le principe est de commander sur une carte de la nourriture réellement délicieuse, toujours en petites portions qui sont placées au milieu de la table et où tout le monde se sert librement. On se retrouve donc souvent avec de véritables festins. Et contrairement à l’Europe où on commande, mange et paye, dans une izakaya on commande, mange, re-commande, re-mange, re-commande, re-mange, petite pause, re-commande, re-mange et ainsi de suite (bon, on finit aussi toujours par payer). On mange lentement puisque de petites portions sont souvent partagées entre 5-6 personnes, mais toutes les 30-40 minutes, on rappelle le serveur pour commander les plats suivants. Du coup, on reste souvent 3 heures à table, en mangeant, et buvant bien sûr. C’est de véritables festins et on goûte vraiment à plein de plats, des sushis aux brochettes grillées, en passant par des salades, fruit de mer ou autres plats délicieux dont la traduction française n’existe sûrement pas et que je vous épargne donc.

Bien entendu, durant tout ce festin, on boit et plutôt rapidement. Le verre est souvent à moitié vide (ou à moitié plein), que le voisin t’en recommande un. On perd le compte de ce qu’on boit et mange, mais ça reste toujours très bon marché. C’est vraiment les meilleures soirées que l’on peut avoir au Japon… à condition d’y aller avec des Japonais. En effet,  les Japonais sont très à l’aise et sont en parfaite harmonie avec l’ambiance de l’izakaya, alors que si l’on y va sans trop connaître et entre Suisses, on aura plus de peine à commander et d’une manière générale, on se sent pas tout à fait dans l’ambiance. Et comme très souvent des murs séparent les différentes tables, on peut pas vraiment voir comment font les autres, ni socialiser avec les voisins, comme on le ferait dans nos bars. Ce que je trouve parfois dommage…

Voila quelques photos (Dossier de photos "Restaurants et bars") d'une sortie Izakaya pour le départ d'un Hollandais. Je suis désormais officiellement le seul Européen de Hitachi!