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Petit Grégory au Japon

Journée sportive chez Hitachi, Part 2

 

La journée en elle-même a commencé très tôt. En effet, ces « heures supplémentaires » commençaient samedi, à 8h15. Je me suis donc levé tôt, enfilé mon t-shirt jaune, mon bandeau jaune sur la tête, mes gants jaunes et je suis parti en direction de l’entreprise. A l’arrivée, je me suis inscris et j’ai foncé sans me retourner vers la cantine… jaune, bien entendu. Première surprise, il y a 3 cantines (jaune, bleue et rouge) et on doit vraiment se placer à cette cantine. Aucun contact entre les différentes équipes. Si vous pensiez pouvoir profiter des pauses pour aller parler avec votre meilleur ami de l’équipe adverse, et bien vous vous êtes trompé. Même les familles venus en spectateurs sont sommées de rester sous la cantine adéquate et reçoive un petit cours de comment faire aller un linge jaune et quels cris d’encouragement il faut hurler. Tout le monde participe. Ce n’est pas pour boire un p’tit verre entre amis que les familles sont venus, mais pour encourager de toutes leurs forces l’équipe de leur vie… De plus, tous les jaunes ont reçu un petit chapeau Pikachu, le symbole des jaunes.

 


 

Pour être bien officiel et bien organisé, une sorte d’arche d’entrée est posé de l’autre côté du terrain. Avant chaque compétition, les équipes passent par cette porte, l’air digne si possible. Première étape, tout le monde se retrouve sous cette arche et chaque équipe passe alignés par 4 bien en ordre, fais une petite parade autour du terrain, comme aux JO, un salut devant le patron de l’entreprise (!) et on a droit à une cérémonie d’ouverture. Je fus un peu surpris par le salut des bleus pour le patron, car en Europe on appelle ça un salut nazi (bon, au Japon, ils ne connaissaient pas cette signification). Je me suis contenté de faire des petits coucous de la main.

Après un discours très applaudi du patron, qui malgré sa non-participation aux compétitions restait la grande star du jour, comme de tous les jours de l’année d'ailleurs, chaque équipe a fait un petit spectacle. C’était vraiment drôle, même si je ne comprenais pas tout. Ils se lâchent vraiment, n’ont aucune honte et le résultat était pas mal. Malheureusement, je n’ai pas de films, mais voilà quelques photos, je vous laisse imaginer.

 

Ces spectacles ont été terminés par la petite chorégraphie d’encouragements de chaque équipe. Je me sentais très observé et très ridicule, mais c’est allé finalement, on est tous dans le même bain. Et bien entendu, avant de se lâcher dans la compétition très physique (lancer de balles de tennis à 2 mètres, tirer après une corde, etc… oulalala, comme c’est difficile n’est-ce pas ?), on a fait une séance de gymnastique. Je ferai un article sur cette magnifique tradition japonaise une autre fois. Mais imaginer 300 personnes qui font un petit échauffement d’un même geste synchronisé, car tout le monde le connaît par cœur (à part moi, bien entendu, qui essaye de suivre lamentablement). Très drôle.

 

Ensuite, la compétition a eu proprement lieu. Rien de bien extraordinaire à préciser, sinon que les encouragements semblent plus importants que les matchs en soi. Comme tout le monde ne se connaît pas forcément, il y a un type qui passe avec une pancarte et le nom de la personne qui court, imprimé sur feuilles A3, pour que tout le monde sache quel nom il faut hurler de toutes ses forces…

 

La fin de la compétition a été extraordinaire. Laissez-moi donc commenter ce fantastique dénouement. Alors que les équipes avaient plus ou moins le même nombre de points, tout allait se jouer sur la dernière compétition : la course en relais. Après une bonne vingtaine de relais où on faisait le yoyo, où les gens rapides succédaient aux plus lents, quelques chutes et rebondissements, le dernier coureur s’élance. Habillé de la tête aux pieds en pikachu, le symbole de la grandeur de l’équipe des jaunes, il court et dépasse dans le dernier virage la cheffe des bleus elle-même pour passer la ligne d’arrivée en vainqueur final de la journée. Toute l’équipe des jaunes s’élancent alors vers lui pour le soulever en triomphe et le lancer dans les cieux… Cela va sans dire que cet être extraordinaire qui nous a gagné une compétition de 4 heures grâce à la force de ses cuisses était notre chef, que l’on aime plus que le seigneur… J’ai trouvé que c’était une conclusion très japonaise, où le patron se retrouve le héros de la journée, porter en triomphe par tous ses employés.

 

 

Fin de la matinée en mangeant un bon petit dîner et une tombola finale, où les prix étaient ma foi, pas mal du tout (Wii, caméra,…). Bon, j’ai rien gagné, et c’est peut-être tant mieux, car tous les vainqueurs devaient faire un petit discours (je sais, je suis un lâche… ).

Bon là, il était 12h… Que faire du reste de la journée ? Et bien fêter cette victoire pardi ! Premièrement, dans l’entreprise avec les gains de la journée (les prix étaient des caisses de bières et des bouteilles de sakés). S’est ensuivi avec ceux qui voulaient continuer cette 3ème mi-temps dans une salle karaoké (vous en faites pas, on fait ne pas que chanter là-dedans, on boit et mange aussi…). L’équipe des bleus ont fait la même chose, mais bien entendu, dans une salle séparée… Faudrait pas pousser la familiarité trop loin non plus ! Ensuite, pour ceux qui le souhaitaient (dont moi), on est encore aller dans une izakaya, manger et boire a foison. Avec le reste des forces bleues cette fois. Ensuite, pour ceux qui le désiraient,… ben ouais, encore une autre izakaya. Bref, le sport de haute compétition a été poursuivi l’après-midi et le soir par un débit de boisson très poussé que je sentais plus que tout le lendemain dans ma tête (bizarrement, mes muscles n’ont pas trop souffert de ces exploits sportifs).

 

Bref, ce fut une journée inoubliable, qui m’a montré à quel point ce pays est différent de notre Suisse… Les photos se trouvent dans « choc culturel » (c’en est un, oui, un tout grand) , « journée sportive chez Hitachi »… (oui, je sais, je suis rouge sur les photos, mais c'est dû à un coup de soleil et à rien d'autre!!).


Journée sportive chez Hitachi (Part 1)

Comme annoncé, voici le compte-rendu de ma journée sportif de ce dernier samedi. Malheureusement, comme j’ai bien pris mon appareil photo, mais oublié ma batterie, je n’ai rien pu prendre en photos. Cependant, comme les caméras étaient nombreuses, je vais certainement en trouver et je les mettrai en ligne plus tard. Mais d’abord, voilà le compte-rendu de cette journée inoubliable.

Premièrement, je vais résumer l’importance de cet événement et de sa préparation. Durant deux semaines, l’entreprise était en effervescence, préparant ces joutes avec une motivation totalement inimaginable en Suisse. L’entreprise était divisée en 3 équipes : les rouges, les bleus et les jaunes. Ensuite, ces 3 équipes se sont mesurées sur différents jeux, le vainqueur final étant l’équipe ayant engrangé le plus de points durant la journée. Comme on était une bonne centaine par équipe, on s’est tout d’abord partagé les différentes compétitions. J’ai finalement fait partie de l’équipe de tir à la corde (2 équipes tirent sur une corde et essaye de tirer l’autre équipe), mais également d’un mini-basket (30 personnes lancent des balles de tennis dans un panier à 3 mètres de haut durant 30 secondes, l’équipe qui a le plus de balles dans le panier à la fin a gagné). Bref, ce n’est pas vraiment du sport, mais plutôt des jeux. Durant deux semaines, chaque équipe, divisée en groupe s’est organisé des séances d’entraînement durant notre courte pause de 12h et après le travail. Malgré que les jeux ne soient pas très compliqués, il y avait même des séances de stratégie… et pour organiser tout cela, j’ai reçu pas moins de 50 mails durant les 2 semaines ! Sachant qu’il me faut 10 minutes pour en lire un (court), je vous laisse compter ce que ça m’a pris sur mon précieux temps de travail (hum… enfin, sur mon temps AU travail).

Mais en plus de tous ces entraînements, je me suis retrouvé d’une manière dont je n’ai toujours pas compris, enrôlé dans l’équipe d’encouragement des Jaunes. Et là, c’était entraînements, répétitions tous les soirs après le boulot. Une petit chorégraphie très japonaise et de longues discussions sur par exemple comment présenter la paume des mains lorsque l’on lève les bras… C’est très japonais, car on peut pas se contenter de lancer un bon « hopp les Jaunes » de temps en temps, mais il faut carrément faire une chorégraphie, où tout le monde effectue exactement les mêmes mouvements, en criant super fort. C’est ce qui m’a le plus impressionné. Tous les Japonais ont un naturel assez réservé et timide. Mais là, ils hurlaient leurs trucs sans aucune retenue, en donnant vraiment tout, avec tout le corps qui tremblait tellement ils poussaient leurs limites. Bref, quand c’était mon tour, je me sentais pas très bien… Même les femmes criaient plus fort que moi. Par contre, après un certain temps, on arrive également à se lâcher, car on remarque que comme personne ne se moque ou sent le ridicule de la scène (que je sentais très fort moi), on voit qu’il n’y a pas de honte à avoir à mettre des habits ridicules et hurler des trucs comme « Allons gagner les jaunes » avec une intensité digne d’un général envoyant ces troupes à la guerre. En tout cas tant qu’on est sur cette île (j’exclus d’ores et déjà de vous faire une démonstration lors d’un retour en Suisse !).

Pour les habits, on avait un t-shirt jaune, un « bandeau japonais » jaune, alors que les femmes avaient des mini-jupes (je vous laisse deviner la couleur). Cependant, j’ai remarqué plus tard qu’on était vraiment nul à comparer des autres groupes, car ils avaient loués des costumes traditionnels vraiment jolis. Et leurs femmes à eux étaient habillées à l’américaine, mini-jupe et top comme il faut. Vraiment pas mal du tout si vous voulez mon avis (si vous le voulez pas, c’est le même prix).

Bref, la préparation fut intense, mais je vous rassure, également assez bon enfant, avec 1-2 sorties dans les izakayas pour boire et manger  jusqu’à plus soif. Le soir avant la grande journée, on a eu une dernière mise en commun dans l’entreprise, chaque équipe de son côté. Mais les groupes d’encouragement se sont défiés l’une l’autre (à celui qui hurle le plus fort, qui a la plus belle chorégraphie et effectue les plus beaux gestes), offrant à chaque fois un verre de saké au chef de l’équipe, qui est bien entendu un chef de l’entreprise (le mien est celui que j’avais maltraité à mon match de volet ma première semaine… si vous vous en rappeler), ainsi qu’au tout grand chef de la boîte qui fait un discours pour chaque équipe. Je pense qu’il est venu en dernier voir les Jaunes, car il avait l’air déjà passablement saoul lorsqu’il a fait son discours pour nous. Bon, ça c’est mon avis d’Européen, car mes collègues étaient pleins d’admiration pour leur patron qu’ils aiment profondément. J’ai bien entendu eu droit à des applaudissements et à des mentions spéciales aux présentations des jeux auxquels je participe. La grande star. Même les patrons m’applaudissaient et m’hurlaient des hourras.

Bon, je vais écrire le récit de la journée elle-même une autre fois, car je remarque que ça me prendrait encore 2 pages… Peut-être que j’aurai trouvé les photos d’ici là. A suivre donc…


Ushiku Daibutsu

 

Ce dernier week-end, j’ai pu profiter d’un énième rallongement, c’est-à-dire un week-end de trois jours. En effet, au Japon, les vacances personnelles existent, mais comme la plupart des employés sont trop timides pour les utiliser (sur 20 jours de congés, la plupart en utilise pas plus de 4… est-ce qu’ils n’aiment pas les vacances ?? Ben ouais, il semble bien…), le gouvernement nous sauve en IMPOSANT des vacances, c’est-à-dire des jours fériés. Les jours fériés n’ont en général rien à voir avec la religion, comme ce serait le cas en Europe, mais c’est des journées offertes à l’Empereur, à la Jeunesse, par exemple, ou comme ce dernier lundi, au Sport. C’est très utile, car ces jours fériés tombent souvent un lundi ou vendredi, ce qui est bien agréable. Donc, en moyenne environ 1 week-end sur 3 est un week-end de trois jours. C’est très bien et bien beau, mais malgré tout, j’utiliserais tout de même un peu plus mes vacances personnelles à leur place… Comme quoi, je ne suis pas encore devenu Japonais !

Comme la motivation et les fonds nécessaires n’étaient pas au rendez-vous pour un long et dangereux voyage, je me suis décidé à passer le week-end dans ma belle chambre de 2x2m, et de profiter du beau temps lundi, pour aller dans une ville assez proche, dans la même Préfecture, pour visiter… tenez-vous bien… asseyez-vous, ce qui suit risque de vous faire perdre les eaux… j’ai donc été voir… la statue la plus grande DU MONDE !! Selon Wikipedia en tout cas.

 


 

C’est bon, vous avez récupérez vos 5 sens et nettoyer le sol ? Bon, en fait, c’est une statue très grande, 120 mètres, c’est-à-dire 3 fois la taille de la Statue de la Liberté, mais qui reste malgré tout peu attractive. Aucun de mes deux guides de voyage n’y fait mention et plus ou moins seul les gens qui vivent dans ma Préfecture semblent connaître cet endroit. D’ailleurs en descendant du train, j’ai demandé comment atteindre cette Merveille à des gens qui semblaient du coin, mais manifestement, ils n’avaient aucune idée comment aller là-bas. Aucun panneau, rien du tout. Je trouve ça bizarre de construire une statue pareillement grande et ma foi assez jolie, mais de ne le dire à personne, de ne pas mettre de publicité et cacher ça comme si c’était un secret d’Etat.

Bon, mes impressions sur cette statue… Elle est très grande ! Voilà, c’est plus ou moins tout… Le jardin autour est assez beau, mais c’est surtout l’immensité de la statue qui impressionne. Sinon, comme tout lieu un peu religieux au Japon, c’est l’occasion de vendre mille porte-bonheurs et autres effigies de Bouddha. Sinon, pour 3CHF, on peut monter dans le torse de la statue en ascenseur, d’où on peut voir un panorama de la région (une forêt…) à travers des ouvertures d’environ 10cm. Ben ouais, ils n’allaient pas faire un trou au milieu de la statue, ça ferait bizarre… Du coup on doit se contenter de regarder le paysage par des fissures ! Bon, moi je vois un endroit sur la statue où ils auraient pu faire un trou plus grand sans que ça enlève le réalisme de la statue, mais je n’en dirai pas plus…

 

Plus de photos se trouvent dans Voyages, Ushiku Daibutsu. Réjouissez-vous de mon prochain article, car samedi, je vais participer à une fête sportive dans mon entreprise. Sans tout dévoiler, je peux déjà vous dire que je fais partie de l’équipe des Jaunes et que j’ai passé déjà une semaine à m’entraîner avec d’autre collègues à faire une chorégraphie et des chants d’encouragement, d’une ridiculité épanouissante !


Visite de ces Dames

 

J’ai eu la chance la semaine passée de recevoir deux visites venues tout spécialement de la lointaine Suisse, ma tendre et chère maman, ainsi que la belle et charmante grand-maman (de rien pour les compliments…). Vu que j’avais annoncé à l’avance à mon chef que ma grand-maman me faisait souci, puisqu’elle avait énormément de peine à marcher (c’est pas vrai, mais bon, ça aurait été dommage de venir jusqu’au Japon et de ne pas pouvoir voir son petit-fils préféré !!), il m’a très gentiment donné une semaine de vacances.

Malgré que le temps passé ensemble fût assez court (5 jours complets), on a profité et visité de nombreux endroits. On a tout d’abord passé 2 jours à Tokyo, avant d’en passer 2 à Osaka et Kyoto, pour finalement, clou du voyage, aller rendre visite à ma famille d’accueil à Kanazawa.

A Kanazawa, je peux vous résumer les belles discussions que l’on a eu, mangeant tous ensemble, japonais et suisses : « Qu’est-ce qu’elle a dit ? », « Tu traduis maintenant stpl », « Tu es sur qu’elle a dit ça ? »,… Bref, j’étais plus fatigué qu’après une journée de travail, à force de tout traduire dans les deux sens. Mais c’était bien drôle et on a très bien mangé.

 


 

Pour éviter les détails ennuyeux, voilà le résumé de ce que l’on a fait durant cette semaine, très bien chargée : bu un petit verre de saké de bienvenu (hum... ;)), visité Tokyo, Osaka, Kyoto, Kanazawa, joué au stoeck dans le train, bu du vin tiède dans une izakaya, demandé à maman si elle avait pété dans l’ascenseur (j’en ris encore de la tête qu’elle a eu, croyant que tout le monde avait compris… Mais non, les Japonais ne comprennent pas le français, ils ont rien compris… quel humour mes aïeuls !), subit le regard d’une classe d’écoliers qui voyaient des extra-terrestres de Suisse pour la première fois, pris une photo de grand-maman avec des écolières folles de joie de voir ces mêmes extra-terrestre, dit « tu me saoûuuuuuuuules ! » à un vendeur un peu trop poli (qui lui s’est avéré parler parfaitement le français et qui du coup était nettement moins sympathique avec moi), pris le bateau, mangé comme des rois, posé ses fesses sur un table sacrée et finalement acheté de bons souliers de marche pour pouvoir suivre le rythme acharné du guide (moi…).

J’espère que c’était autant bien pour vous que pour moi ! Et bien entendu, encore merci pour les 18 kilos de biscuits et chocolats (merci Mémé)!!! Les photos se trouvent dans le dossier Mam – Grand Mam sous Voyages.