Choc culturel: Sortie au restaurant
N’importe quelle sortie ou événement tout-à-fait habituel en Suisse peut devenir une aventure mémorable au Japon. Exemple bête, aller au restaurant. En Suisse, on y va pour manger entre amis et passer du bon temps. Cependant, au Japon, les coutumes sont différentes et il y a plein de choses auxquelles il faut faire attention. Il paraît que c’est en faisant des erreurs que l’on apprend. Lors de notre première sortie au resto, on peut alors dire que l’on a beaucoup appris…
En entrant au restaurant, un serveur accourt pour nous accueillir et nous faire la courbette adéquate. On lui répond et on avance. Aïe, première erreur : Ne pas marcher avec nos souliers sur le parquet. Sur les gestes nerveux du serveur, on comprend enfin et enlève nos souliers. Comme des pantoufles trainaient par la, on les prend pour les mettre. Logique, non ? Ben non, c’était la deuxième erreur. Les pantoufles sont seulement là pour quand on sort de la zone « parquet » (genre aux WC ou à la sortie). Comme on entrait, on n’en avait pas besoin. On prend nos chaussures et on les met dans des petits casiers numérotés, avec clés (on était au restaurant, pas à la piscine, mais bon… pourquoi pas).
Le serveur nous conduit à notre table. Chouette, une vraie table japonaise ! Très basse, avec des cousins, on va être assis en tailleur pour manger. Je me précipite donc pour m’asseoir. Ce fut la 3ème erreur. En fait, il y avait un trou sous la table, pour qu’on soit à l’aise avec nos jambes pour s’asseoir normalement. Du coup, j’ai mis le pied dans le vide et j’étais à deux doigts de m’étaler sur la table.
Ensuite, on nous amène la carte. Heureusement, il y avait des photos, parce qu’on comprenait rien à la carte. Même pas moyen de savoir si on lit le menu de la nourriture, de la boisson ou le journal du matin… Après de longues négociations, on arrive à commander. Malheureusement, on ne connaissait pas les doses et on s’est retrouvé avec des plats tout petits. En fait, au Japon, il faut commander plusieurs plats (ou un menu complet) pour arriver un repas correct. On a pu corriger cette erreur d’appréciation et recommander une tournée générale de nourriture une seconde fois. Heureusement, les Japonais sont très gentils et ne s’énervent jamais. Ils ont même toujours un sourire… Ok, peut-être qu’ils se moquent de nous. Mais il me semble qu’en Suisse, le serveur aurait déjà perdu patience.
A la fin du repas, on a longuement préparé une phrase en japonais pour demander l’addition. C’est là que les erreurs s’accumulent. Premièrement, on ne demande pas l’addition au Japon, on paye en sortant, à la caisse. C’est pour cela que la serveuse (oui, les serveurs et serveuses du restaurant se relayent… peut-être pour rire des 3 européens perdus !) nous regarde d’abord avec un regard désabusé avant de nous amener l’addition. On paye et on sonne le serveur. Alors là, petite parenthèse : Les tables dans les restos sont très intimistes et on ne voit en général pas trop les autres tables, séparées par des murs. Les serveurs ne nous regardent pas, mais attendent qu’on les sonne, grâce à une petite sonnette située sur chaque table. Au début ça fait bizarre de sonner comme ça, mais on doit s’y résoudre, car c’est le seul moyen pour que quelqu’un vienne.
Malgré que cela se fait pas, on nous fait aucun reproche et nous amène la monnaie. On avait lu qu’on ne donnait pas de pourboires au Japon, mais comme ça fait bizarre on a laissé 1 franc de pourboire. Pas beaucoup quand même… On respire un bon coup, et on se lève de table pour aller récupérer nos souliers et sortir de ce resto. On fait bien attention à ne pas marcher dans le trou sous la table et… on se tape la tête contre le mur qui sépare les tables. Cela provoque bien sûr le rire d’un petit tas de Japonaises à une table voisine. On part vite en bredouillant un « au revoir » en japonais (ce qui ne se fait pas non plus en général) et on remarque devant notre petit casier qu’on a oublié notre clé sur la table. Retour à la table, avec de nouveau le petit tas de Japonaises qui rigolent et essayent de deviner ce qu’on a encore fait de maladroit. Bref, on récupère nos souliers et on fuit. On respire enfin sur le trottoir, lorsque le serveur arrive sur le trottoir pour nous rendre le 1.12 CHF de pourboire. On lui fait un geste qui voulait à peu près dire : « c’est bon, garde cette graille, mais laisse-nous en paix ». Il nous fait 40 courbettes de remerciements et nous laisse enfin partir.
Le bon côté de l’histoire, c’est que l’on ne fera plus toute ces erreurs. Par contre, nous voir manger avec des baguettes au restaurant semble toujours être une attraction pour certaines personnes… On n’est pas au bout de nos peines autrement dit…
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21 Avril 2008 à 20:42 dans
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