Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Petit Grégory au Japon

Maid Cafe

 

Ce week-end a été chargé en émotions et j’ai pu découvrir une nouvelle facette de la culture japonaise. Pour tout vous dire, ce week-end, j’ai mangé une fondue dans un chalet suisse au milieu de Tokyo, j’ai vu un homme faire un arrêt cardiaque au milieu d’une gare et s’écrouler (ce n’est pas un gag), et me suis même retrouver par hasard dans un couloir seul (enfin, avec Christophe) en compagnie d’une bonne cinquantaine de mannequins magnifiques qui préparaient un défilé (comme dans un rêve, sauf qu’aucune communication n’a eut lieu), mais tout cela n’est rien à comparer de THE aventure du week-end.

Avec Christophe (rappelez-vous, il était dans la même famille d’accueil que moi, mais il y a 6 ans, je l’avais vu lors du barbecue à Nanao il y a quelques mois maintenant), on a passé un week-end ensemble. Donc, comme le reste du week-end, résumé plus haut n’est que garniture, je vais directement passer à THE aventure. Dimanche, on avait décidé d’aller dans un « maid café », puisque c’est quelque chose de très japonais et donc un peu fou.

En bref, un maid café est une sorte de café-restaurant, où la clientèle est principalement composée de fan de mangas, de dessins animés japonais, voire, j’imagine, quelques pervers également (je vous laisse choisir dans quelle catégorie il faut nous placer). Dans un maid café, on vous reçoit comme un roi. Les serveuses utilisent un langage très honorifique (« Bienvenue maître » et des choses de ce style) et sont habillées d’une manière parfaitement ridicule, comme illustré sur la photo ci-dessous. De plus, elles servent la boisson ou la nourriture d’une manière très serviable et d’autres petits « plus » existent (voire plus bas).

Bon, comme tout ceci est payant et un brin ridicule, on a un brin hésité et tergiversé avant d’oser se lancer dans un de ces maid café. A l’entrée, une de ces serveuses superbement habillée est venue nous accueillir et nous expliquer les tarifs, ainsi que quelques règles. Comme 30 minutes dans une « cabine » était le même prix que 60 minutes dans le café normal, on s’est décidé pour la cabine spéciale (on avait pas l’intention de rester plus de 30 minutes de toutes manières). Elle nous conduit alors à notre table et j’entends devant moi Christophe qui dit en rigolant « Ah l’échec !! Ah l’échec !! ». En effet, ce fut la première grande surprise. Notre « cabine spéciale » se trouvait au bout du café (tout le monde pouvait nous voir) et était particulièrement bien aménagé : tapis rose, cousins roses en forme de cœur, une petite table rose en forme de cœur, des rideaux blancs avec un cœur rose au sommet, des petits cœurs roses sur le mur, lui également rose et une télévision qui passait des dessins animés japonais, posé sur un meuble… rose, avec des tiroirs en forme de… cœurs.

Le fou rire a été immédiat, je n’arrivais même pas à enlever mes souliers tellement mes larmes de rire m’empêchaient de voir ce que je faisais. On s’assied tant bien que mal, fou rire total, sans aucune retenue. La serveuse garde son esprit professionnel (très ridicule donc), et nous explique quelque chose, que l’on entend plus dans notre fou rire incroyable. Malgré qu’elle ne comprenait certainement pas pourquoi on riait (tout était normal pour elle), elle a finit par rire un peu et nous laisser récupérer. Après 5 minutes de larmes de rire, on a gentiment récupéré et repris assez de sens pour commander deux cafés.

Le fou rire était parti, seul le rire restait. Mais il n’était pas parti bien loin. Une nouvelle serveuse vient nous amener nos 2 cafés. Elle s’agenouille vers nous et là, j’ai arrêté de rigoler complètement. C’est dommage que ça n’a pas été filmé, parce que je devais vraiment la regarder la bouche bée, impressionné qu’une telle créature existe. Elle vivait dans un autre monde et ça se voyait dans tous ses gestes. Elle a versé le sucre et la crème de Christophe dans son café en lâchant un « puuuu » très mélodieux, nous as expliqué qu’elle aimerait bien regarder un dessin animé. Difficile à expliquer, mais elle semblait vivre dans un monde proche d’Alice au pays des Merveilles.

Je ne rigolais plus, intrigué par ce curieux animal, lorsqu’elle finit de remuer nos cafés (non, on ne fait pas ça soi-même dans un maid cafe), nous les tends et nous explique ce qu’il faut faire avant de boire le café (serait-ce pour le rendre meilleur ?). Avec sa voix d’enfant, elle nous fait un cœur avec ses main, nous prenant totalement par surprise et nous dis de faire la même chose qu’elle. Elle bouge ses mains, qui forment un cœur à gauche en disant « moééé », un coup à droite « moééé », et au centre, sur le café « kyuuuuuuuu ». Ma foi, on a suivi tant bien que mal ces trois gestes avec nos doigts en cœur, dans notre cabine rose bonbon remplie de cœurs. Mais alors que le rire était impossible à contenir, elle a dit qu’il fallait le faire encore une fois, «  pour de vrai » (c’était que l’entraînement la première fois)… Mission impossible, j’avais déjà le visage dans ma main et je pouvais plus entendre, bouger mes mains et surtout pas lancer des « moéé », « moéé », « kyuuu ». La serveuse a dû partir en se demandant ce qu’on trouvait si drôle, mais je ne l’ai pas vu. Je pouvais plus bouger, je sentais mes larmes couler sur mon bras, les joues, le cou… Bref, ce deuxième fou rire fut encore plus long et plus difficile.

Après avoir perdu un bon litre de larmes devant d’autres clients incrédules (ils étaient certainement venu pour l’ambiance qu’ils aiment, pas pour en rire…), on est partit, avant que notre demie heure soit écoulé. Une maid nous a raccompagné à l’ascenseur en nous faisant beaucoup de « sayonara » très mignons et en faisant aller la main jusqu’à que la porte soir fermée. En plus, on a pris le régime « light », car on n’aurait certainement pas survécu si on avait pris les bonus qui sont proposés. On pouvait par exemple demander à une des serveuses de venir s’amuser avec nous, faire des jeux avec, regarder des dessins animés avec elle ou même faire une séance de photos, où on peut lui dire comment poser (il doit y avoir des limites, n’aller pas imaginer n’importe quoi !). D’ailleurs, la fille qui nous a versé les cafés (« puuu ») nous a dit qu’elle avait envie de regarder Naruto (un dessin animé) et il y a bien des chances qu’elle espérait qu’on l’invite. Bien entendu, tout cela est payant et on n’a pas le droit de prendre des photos dans le restaurant si l’on ne paye pas.

Encore maintenant, chaque fois que j’y pense, je me reprends un fou rire. J’ai raconté à mes collègues cette belle aventure et ils ont bien rigolé, surtout sur le « moéé, moéé, kyuu ! », ce qui m’a rassuré. En effet, les Japonais ne vont généralement pas dans ces cafés, qui sont plutôt destinés aux gens qui vivent dans des mangas, des jeux vidéo et qui ne sortent rarement de chez eux…