Premières impressions
Bien le bonjour cher lecteur. Voici donc mon blog sur mon voyage au Japon, sur lequel je relaterai les différents événements et folles aventures que je rencontrerai durant cette année.
Arrivée au Japon
Après un départ tumultueux (avion pour Londres annulé, remplacement de British Airways par un avion Lufthansa via Frankfurt, problèmes de bagages), nous sommes arrivés, mes deux collègues (Frédéric et Clément) et moi à Narita Airport, Tokyo. La toute première impression en arrivant à l’aéroport était bonne, même très bonne : un arrêt aux WC dès la sortie de l'avion m’a en effet démontré que la technologie nippone sert effectivement à quelque chose (voir photos ci-dessous!!). Les toilettes sont en effet équipées de différents gadgets extrêmement agréables :
Siège chauffant (on fond de plaisir en s’asseyant)
Petit jet d’eau chaude nettoyant le… hum (agréable comme rien d’autre sur Terre)
Jet spécial pour mes dames (bidé en japonais...)
Capteur qui détecte quand tu as fini et rince à ta place (absolument… inutile)
Un bouton pour demander du « désodorisant puissant » (absolument nécessaire)
Bref, pas encore sorti de l’aéroport que je me sentais déjà chez moi. Malheureusement, après un long voyage, un décalage horaire mal digéré, on devait encore traverser le Japon avec chacun 50kg sur les bras dans de multiples trains différents, avant d’arriver dans la ville où se trouve notre école de langue : Kanazawa (photo ci-dessous).
Le dépaysement par rapport à la Suisse est total et absolu. Rien n’est pareil par rapport à notre pays, où même à l’Europe en général. Premièrement, les gens sont tous Japonais (je sais, c’est normal, c’est le Japon, mais il faut le vivre pour remarquer à quel point cela choque de se retrouver seul parmi tous ces gens très différents physiquement). Ensuite, la langue est non seulement différente, mais en plus, les signes nous sont illisibles (on s’est du coup perdus dans la gare durant une bonne heure avant de trouver notre train). Tout le monde s’habille en noir (cravate obligatoire pour les hommes), beaucoup portent des masques pour protéger leurs poumons et en plus, leurs enfants ont le culot de nous observer la bouche ouverte comme si on était des animaux. On a parfois l’impression d’être au zoo, mais du mauvais coté de la barrière.
Nourriture
Comme je le prévoyais, la nourriture au Japon est réellement délicieuse. Elle est telle que je l’imaginais. Cependant, je n’avais pas réalisé à quel point le changement brusque du régime suisse (patates, fromage, pain, viande) au régime japonais (riz, poisson cru, légumes) serait difficile à ingérer à long terme. C’est toujours très bon, mais ça fait très bizarre de manger japonais tous les jours. Surtout que je mange maintenant avec ma famille d’accueil et qu’on mange du poisson cru et des saumons grillés au petit déjeuner (avec l'éternel bol de riz)… Même si c’est bon, ça donne gentiment mal au ventre, surtout le matin. Mais je m'habitue déjà.
Famille d’accueil
Ma famille d’accueil est composée d’une femme (la cheffe de famille), qui doit mesurer la moitié moins que moi, son mari, une fille de 21 ans et une autre étudiante, américaine, qui reste deux semaines. Ils sont très sympas et tentent souvent le dialogue, malgré que ce soit difficile. Comme ils parlent lentement (surtout la mère), je peux comprendre quelque chose (ouais, pas grand-chose quand même). Je mettrai des photos de la famille et de la maison en ligne un autre jour…
La culture du formel au Japon
Une des grandes différences avec le reste des écoles où je suis déjà allé est l’amour que les Japonais ont pour les choses formelles. Je regrette gentiment de ne pas avoir pris mon costard-cravate avec, puisqu’il semble que c’est l’habit traditionnel ici. Par exemple, le matin du premier jour d’école, on a eu droit à une Cérémonie d’ouverture (Opening Ceremony). On pensait que c’était pour régler les trucs administratifs avant de commencer les cours. Eh bien non ! On était les trois Suisses dans une grande classe vide. Subitement, une dizaine de personnes en cravate ou tailleurs entrent dans la classe, s’assieds en face de nous. Puis le directeur de l’école annonce le président de trucmuchejesaispasquoi. Un type se met en face de nous sur un pupitre, comme Chaplin dans Le dictateur, et commence son discours, en japonais. Très sérieusement et avec force… Alors qu’il parlait à trois pommes de Suisse qui ne comprenait absolument rien à ce qu’il disait. J’ai failli éclater de rire, tellement c’était étrange. Mais heureusement, j’ai pu me retenir, ça aurait été vraiment mal vu je pense…
La même journée, on avait une visite à la Préfecture, pour les remercier de l’argent, des bourses qu’ils nous ont données. Ayant vu cette cérémonie d’ouverture, on s’attendait au pire, puisque ça avait l’air encore plus formel. On avait reçu un programme de cet événement qui durait 30 minutes, avec la carte de la table avec nos places indiquées (on était 6 en tout, très utile la carte...). On a préparé une petite introduction de qui on était et ce qu’on faisait dans la vie, en japonais bien sûr, ainsi qu’un petit discours de remerciement que le représentant (moi) était chargé de lire. On s’attendait au pire, mais c’était encore pire que pire. On s’est retrouvé dans une salle, digne des rencontres diplomatiques, avec un drapeau suisse et japonais au centre de la table et… UNE CAMERA !! La plus grande chaîne de télé du Japon (NHK) est venue filmer cette rencontre et interviewer un de mes 2 compères. C’est passé sur une de leur chaîne (régionale j'imagine) au grand intérêt, j’en suis sûr, de millions de spectateurs. C’était du tout grand art. On a fait notre petite présentation dans notre japonais minable. Et lorsque le grand monsieur de la préfecture parlait, une traductrice à côté nous permettait de comprendre ce qu’il disait. Dans la programmation de ces 30 minutes, il y avait 15 minutes réservées pour un Free Talking. J’imaginais qu’il y aurait un apéro et qu’on pourrait calmement parler autour d’un verre de blanc… Ben non, c’était toujours autant formel, avec nos petits drapeaux sur la table. On devait chercher des questions à lui poser et lui en faisait de même. C’était ridicule, puisqu’on s’est finalement retrouvé à parler du temps qu’il faisait dehors, mais avec une traductrice et une ambiance digne de la signature de l’armistice à Versailles. Bref, une petite interview face-à-face à la caméra et on était content de sortir. Mais les Japonais trouvait ça tout à fait normal et semble assez habitués. C’est la Japanese Way m’a dit la traductrice… Le lendemain, on était dans deux journaux différents, avec photos et surtout au téléjournal de NHR (vidéo plus bas). Il semble que c'est pour remercier l'EPFL qui envoie chaque année plusieurs étudiants dans l'école et c'est une sorte d'honneur qu'ils nous font. Bonne expérience en tout cas (cliquez sur le le lien ci-dessous: TJ1.AVI pour voir la vidéo).
Pour ceux qui n'arrivent pas à lire cette vidéo, vous pouvez télécharger et lire la vidéo avec ce programme:
http://www.videolan.org/vlc/download-windows.html
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09 Avril 2008 à 20:34 dans
- Choc culturel
