Romandie.com
 
Créer un blog | Noter ce blog | Signaler un abus
 
| Autre blog ? >>  

Petit Grégory au Japon

Festival bis

Ce week-end, pour changer, je suis allé dans deux festivals différents. En fait, les festivals sont quelque chose d’ultimement important dans la culture japonaise. Il y en a vraiment souvent, partout et il n’y a même pas besoin d’y avoir une occasion ou une excuse quelconque pour faire un festival. Je risque donc sûrement de souvent reparler de mes sorties dans les festivals. Cette semaine, il y a beaucoup d’animations en ville, car c’est la Golden Week. Au Japon, ils ont concentré tous leurs jours fériés dans une semaine, la Golden Week. Donc, on a beaucoup de jours de congés et il y a des festivals partout. Ces jours fériés sont dédiés à l’anniversaire de 1-2 Empereurs, aux enfants ou d’autres choses comme ça, puisque contrairement à l’Europe, les religions ont toujours été bien séparées de l’Etat (non, ils ne fêtent pas l’Ascension ou Pâques…).

Samedi, le festival était en fait tenu par une entreprise qui fait de la sauce soja et de la miso-soupe. Bon, c’était tout petit et le soja, en fait, c’est même pas bon. Sur la photo ci-dessous (plus de photos dans l’album Golden Week), on voit comment ils font les mochi (à prononcer motchi), de délicieuses gourmandises japonaises à base de…riz. C’est pas mauvais (les « gourmandises » japonaises sont en général assez peu enthousiasmantes), mais malheureusement, ils l’ont recouvert d’une sauce au soja absolument infect. Il y avait une école qui faisait un petit film avec leur prof et bien entendu, qui ont-ils interviewés ? Ben les Suisses forcément… C’est pas cette fois qu’on sera resté discret.

Ensuite, dimanche, je suis retourné à un festival, mais en pleine ville. C’était nettement plus grand et bien plus intéressant. Il y avait deux scènes avec d’un côté des danses traditionnelles et de l’autre côté une scène avec des groupes de jeunes racailles qui faisaient des danses plutôt modernes (genre britney spears). Il y avait beaucoup de participants et ils faisaient un grand effort pour les habits et les chorégraphies. Mais bizarrement, personne applaudi jamais. Cela fait vraiment étrange, car à la fin, le groupe fait une courbette en hurlant « Arigato gosaimasu » (Merci beaucoup) et personne applaudi ou hurle ou quoi que ce soit. Sinon, j’ai vraiment adoré les danses traditionnelles. C’était super bien fait et les habits sont aussi excellents. Ci-dessous, quelques photos et une video (désolé pour le mauvais son... et les images sont pas terribles non plus en fait...):

 

Expérience étonnante, on a trouvé un Japonais qui doit avoir un peu de sang européen. Il n’était pas autant bien organisé que les autres. En fait, il était totalement à la rue et n’avait aucune idée comment danser. Ce pauvre homme m’a bien rassuré : Il existe bien des Japonais un peu comme nous… (video ci-dessous)

Et bien entendu, comme tout festival, il se termine par un interview télévisé……… On commence à être super-rôdé… Je prépare déjà activement le suivant qui ne saurait tarder…

 
 

Choc culturel: Sortie au restaurant

N’importe quelle sortie ou événement tout-à-fait habituel en Suisse peut devenir une aventure mémorable au Japon. Exemple bête, aller au restaurant. En Suisse, on y va pour manger entre amis et passer du bon temps. Cependant, au Japon, les coutumes sont différentes et il y a plein de choses auxquelles il faut faire attention. Il paraît que c’est en faisant des erreurs que l’on apprend. Lors de notre première sortie au resto, on peut alors dire que l’on a beaucoup appris…

En entrant au restaurant, un serveur accourt pour nous accueillir et nous faire la courbette adéquate. On lui répond et on avance. Aïe, première erreur : Ne pas marcher avec nos souliers sur le parquet. Sur les gestes nerveux du serveur, on comprend enfin et enlève nos souliers. Comme des pantoufles trainaient par la, on les prend pour les mettre. Logique, non ? Ben non, c’était la deuxième erreur. Les pantoufles sont seulement là pour quand on sort de la zone « parquet » (genre aux WC ou à la sortie). Comme on entrait, on n’en avait pas besoin. On prend nos chaussures et on les met dans des petits casiers numérotés, avec clés (on était au restaurant, pas à la piscine, mais bon… pourquoi pas).

Le serveur nous conduit à notre table. Chouette, une vraie table japonaise ! Très basse, avec des cousins, on va être assis en tailleur pour manger. Je me précipite donc pour m’asseoir. Ce fut la 3ème erreur. En fait, il y avait un trou sous la table, pour qu’on soit à l’aise avec nos jambes pour s’asseoir normalement. Du coup, j’ai mis le pied dans le vide et j’étais à deux doigts de m’étaler sur la table.

Ensuite, on nous amène la carte. Heureusement, il y avait des photos, parce qu’on comprenait rien à la carte. Même pas moyen de savoir si on lit le menu de la nourriture, de la boisson ou le journal du matin… Après de longues négociations, on arrive à commander. Malheureusement, on ne connaissait pas les doses et on s’est retrouvé avec des plats tout petits. En fait, au Japon, il faut commander plusieurs plats (ou un menu complet) pour arriver un repas correct. On a pu corriger cette erreur d’appréciation et recommander une tournée générale de nourriture une seconde fois. Heureusement, les Japonais sont très gentils et ne s’énervent jamais. Ils ont même toujours un sourire… Ok, peut-être qu’ils se moquent de nous. Mais il me semble qu’en Suisse, le serveur aurait déjà perdu patience.

A la fin du repas, on a longuement préparé une phrase en japonais pour demander l’addition. C’est là que les erreurs s’accumulent. Premièrement, on ne demande pas l’addition au Japon, on paye en sortant, à la caisse. C’est pour cela que la serveuse (oui, les serveurs et serveuses du restaurant se relayent… peut-être pour rire des 3 européens perdus !) nous regarde d’abord avec un regard désabusé avant de nous amener l’addition. On paye et on sonne le serveur. Alors là, petite parenthèse : Les tables dans les restos sont très intimistes et on ne voit en général pas trop les autres tables, séparées par des murs. Les serveurs ne nous regardent pas, mais attendent qu’on les sonne, grâce à une petite sonnette située sur chaque table. Au début ça fait bizarre de sonner comme ça, mais on doit s’y résoudre, car c’est le seul moyen pour que quelqu’un vienne.

Malgré que cela se fait pas, on nous fait aucun reproche et nous amène la monnaie. On avait lu qu’on ne donnait pas de pourboires au Japon, mais comme ça fait bizarre on a laissé 1 franc de pourboire. Pas beaucoup quand même… On respire un bon coup, et on se lève de table pour aller récupérer nos souliers et sortir de ce resto. On fait bien attention à ne pas marcher dans le trou sous la table et… on se tape la tête contre le mur qui sépare les tables. Cela provoque bien sûr le rire d’un petit tas de Japonaises à une table voisine. On part vite en bredouillant un « au revoir » en japonais (ce qui ne se fait pas non plus en général) et on remarque devant notre petit casier qu’on a oublié notre clé sur la table. Retour à la table, avec de nouveau le petit tas de Japonaises qui rigolent et essayent de deviner ce qu’on a encore fait de maladroit. Bref, on récupère nos souliers et on fuit. On respire enfin sur le trottoir, lorsque le serveur arrive sur le trottoir pour nous rendre le 1.12 CHF de pourboire. On lui fait un geste qui voulait à peu près dire : «  c’est bon, garde cette graille, mais laisse-nous en paix ». Il nous fait 40 courbettes de remerciements et nous laisse enfin partir.

Le bon côté de l’histoire, c’est que l’on ne fera plus toute ces erreurs. Par contre, nous voir manger avec des baguettes au restaurant semble toujours être une attraction pour certaines personnes… On n’est pas au bout de nos peines autrement dit…


金沢 (Kanazawa)

La ville de Kanazawa (http://fr.wikipedia.org/wiki/Kanazawa) est très touristique, mais principalement pour les Japonais. Très connue au Japon, mais largement inconnue dans le reste du monde (que celle/celui qui connaissait avant que j’en parle m’envoie un e-mail…). Du coup, même si il y a beaucoup de touristes japonais, il y a très peu de martiens comme nous. C’est une ville qui a été épargnée durant la 2ème guerre mondiale, ce qui a permis de conserver plusieurs bâtiments historiques. C’est également un haut-lieu de la tradition japonaise, on retrouve donc plein de démonstrations (danses, cérémonies,…) que l’on va découvrir durant l’année, principalement grâce à l’organisation de l’école dans laquelle je suis les cours. C’est donc l’endroit idéal pour apprendre à connaître la culture japonaise (cette phrase faisait parti de mon speech télévisé à la PréfectureJ). Donc pour ceux qui recherchent une destination de vacances originale, voici les endroits principaux à intérêts (plus de photos dans l’album Kanazawa) :

               Un très beau parc (officiellement un des trois plus beaux du Japon…) : Kenroku-en.

               Un quartier de geishas. Très bien conservé (à part pour les cables électriques un peu partout)

 

                   Des temples shintô (religion principal au Japon avec le bouddhisme).

 

Un quartier de samouraïs (maisons habitées).


   

 

 

Un centre-ville très vivant avec plein de magasins, restaurants,…


PS : Celle/Celui qui peut me dire ce que fait cette statue bizarre dans un temple gagne un voyage pour deux aux Malouines (en fait pas, mais je suis intéressé à savoir ce que vous en pensez...).

 

 

 

 

Sakura

Les Sakura (à prononcer sacoula) sont les cerisiers du Japon. Durant quelques semaines en avril, ils fleurissent et c’est le bonheur aigu (oui, aigu !) dans tout le Japon. Tout le monde est heureux, car il y a des arbres plein de fleurs un peu partout. C’est vraiment très beau et ça vaut le détour. Surtout que ça change au fil du temps, puisque c’est rose au début puis ça devient blanc comme neige, avant que les feuilles tombent et créé comme un tapis de fleurs partout où l’on pose nos petits pieds. Je sais, c’est beau ce que j’écris… Bref, les photos le décrivent mieux que quiconque (plus de photos dans l’album « sakura », sur la droite de votre écran).

De plus, lorsque les sakura meurent, tout le monde devient malheureux et un festival est organisé pour cette occasion. Ce week-end, je suis donc allé goûter au festival made-in-japan. Il y avait plusieurs spectacles sur une grande scène, montrant des danses de geishas et d’autres musique/danse traditionnelles (photos dans l’album Festival Sakura). Sinon, la « fête » se résumait à une dizaine de cantines et… c’est tout. Peu d’ambiance et surtout, chose incongrue dans le monde que je connaissais jusqu’alors, tout le monde rentre chez soi dès la fin des feux d’artifice à 20h00… Personne ne reste pour boire un verre ou deux ou dix ou cent… On aurait dit que tout le monde fuyait quelque chose. Peut-être qu’ils ont annoncé aux haut-parleurs que c’était le début de la collecte, je sais pas, mais tout le monde s’est précipité vers la sortie la plus proche.